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Benjamin STORA à Grenoble

Publié le par fethiok

   
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Benjamin STORA et votre serviteur  Fethi.


Dans le cadre du 50e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie, l'association ASALI  a organisé une conférence sur "Les mémoires blessées de l'Algérie" avec l'historien Benjamin Stora ce jeudi 19 avril à la Maison du Tourisme de Grenoble

Les hommes sont plus les fils de leur temps que les fils de leur père», affirmait le grand historien Marc Bloch. Ils peuvent être l’un et l’autre, aussi intensément, dans un enchevêtrement complexe, quand, dès leur plus jeune âge, ils sont pris dans les rais de l’histoire. Benjamin Stora a consacré une vie de recherche et plus d’une vingtaine d’ouvrages à la guerre d’Algérie. Né à Constantine en 1950, il a grandi et s’est construit enfant, de 4 à 11 ans, dans cette guerre de sept ans. Il garde gravés dans sa mémoire la saveur de la tfina, le plat des juifs de Constantine, des mots d’arabe dans la voix de sa mère, des pique-niques sur la plage et une grosse valise de drames familiaux. Les brûlures de la guerre, le silence pétrifié des parents, l’exil sans retour, le chagrin définitif. «L’arrachement», dont Stora dit que le mot résume, plus qu’aucun autre, les facettes multiples et contradictoires de cette guerre.

Dans son dernier ouvrage, il n’y a pourtant aucun pathos. «Mon travail d’historien, c’est de prendre de la distance par rapport à mes souvenirs personnels, mon cas individuel, pour raconter une histoire qui concerne les peuples de France et d’Algérie», et qui résonne encore si fortement aujourd’hui.

Stora appartient à cette toute petite poignée d’historiens dont la qualité des travaux a permis contre les vents contraires de l’oubli, «ces retours de mémoire», réguliers et toujours éruptifs. Cinquante ans après les accords d’Evian, Stora a voulu répondre, comme dans un dialogue, à toutes les questions qui n’ont cessé de lui être posées, «par des jeunes, des moins jeunes, des Français ou des Algériens, à l’occasion d’un cours, d’un séjour, d’un repas entre amis ou en famille».

Dans ce texte concis et lumineux, il restitue, à travers des faits précis, la densité des «mémoires blessées», toujours «en conflit les unes avec les autres». Celle des Algériens musulmans et celle des Européens d’Algérie, ces deux groupes qui ne se sont pratiquement jamais mélangés ; celle des «pieds-noirs» et celle des juifs d’Algérie, dont beaucoup parlaient l’arabe ; celle des paysans qui ont rejoint en masse les rangs du FLN, celle des nationalistes dissidents du MNA, engagés dans une autre guerre fratricide ; celle des deux millions de jeunes appelés français «qui n’ont pas tous vécu la même guerre», mais dont aucun ne rentrera intact. Celle des harkis, dont la plupart se sont abrités derrière le drapeau français dans l’espoir d’échapper à la misère, avant d’être abandonnés au malheur.

Pour donner à comprendre la diversité des tourments et la violence des situations, Stora évoque aussi ces milliers d’Algériens musulmans qui ont migré, mois après mois, «vers un pays qui leur faisait la guerre». En dressant le bilan des morts et des blessés, des deuils et des drames intimes, des déplacements, des tortures et des disparitions, Stora insiste sur «la cruauté terrible» de cette guerre et explique ainsi pourquoi «sa mémoire est encore aujourd’hui refoulée et douloureuse».

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Commenter cet article

pascale 21/04/2012 22:24

rien à voir avec le sujet, mais juste pour te dire que je suis ravie de te voir sur une table....

bisous

cacao 21/04/2012 16:21

Bonjour Fethi. Merci pour cet intéressant compte-rendu. Amitiés.

clara65 21/04/2012 07:53

Bonjour et merci d'avoir laissé un mot sur mon blog !
Cette guerre a été une tragédie et on n'est pas prêt d'oublier, mais bien sûr par contre, il faut savoir pardonner et tourner la page.
C'est ainsi qu'est écrit, dans un autre cadre, sur le monument en hommage à la résistance, ici à Tarbes : "ni haine, ni oubli".
Très bonne journée, cordialement.

timilo 21/04/2012 07:04

Il faudra encore du temps pour que ces cicatrices s'effacent, mais il a de l'espoir

Bon et doux weekend, FETHI


TIMILO

Soledad 20/04/2012 17:32

Voilà qui doit être intéressant. le devoir de mémoire quel qu'il soit,
est important.

Bon vendredi

Lucy 20/04/2012 16:51

Il est beau ce partage ! J’ai essayé de mettre un commentaire tout à l’heure, mais il n’apparaît pas ! Je vois que vous avez des amis blogueurs que je connais, c’est bien, car ils sont très gentils
! À bientôt sur nos blogs ?
Lucie-y

ANTO 20/04/2012 15:54

Salut ,une époque que je préfère passer sous silence que celle de la "guerre" d'Algérie que j'ai vécu de très près.Je fais partie de ceux qui ne sont pas rentrés intacts et même le temps ne fait
rien à l'affaire
bonne soirée

Hécate 20/04/2012 12:43

Bonjour Fethi .

"Je vis secrètement dans le sein d'un soleil à venir....Je m'échappe et j'écris les livres de l'exode ". ( ADONIS )
Chacun de notre côté ,un hommage à notre manière .( un article chez moi ,au grand poète humaniste syrien :Adonis )
Amicalement à toi .

biker06 20/04/2012 08:12

hello fethi

je te souhaite une bonne journée ensoleillée !

@ +

pat

* Il faut de nouveau encore tout enregistré ! ca devient fatiguant..

•-~·*'Ś Ő Ń Ŷ Á'*·~-• 20/04/2012 00:27

merci du partage
juste un coucou
je te souhaite une douce nuit



chez nous le temps est maussade







ti bo