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Le Vert dans la Rose

Publié le par fethiok

Joly 1

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Après le printemps arabe,voici venu l'automne islamiste

Publié le par fethiok

DILEM isla
Hic Tenue

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Étranges étrangers

Publié le par fethiok

Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel
hommes de pays loin
cobayes des colonies
doux petits musiciens
soleils adolescents de la porte d'Italie
Boumians de la porte de Saint-Ouen
Apatrides d'Aubervilliers
brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris
ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied
au beau milieu des rues
Tunisiens de Grenelle
embauchés débauchés
manoeuvres désoeuvrés
Polaks du Marais du Temple des Rosiers
Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone
pêcheurs des Baléares ou du cap Finistère
rescapés de Franco
et déportés de France et de Navarre
pour avoir défendu en souvenir de la vôtre
la liberté des autres
Esclaves noirs de Fréjus
tiraillés et parqués
au bord d'une petite mer
où peu vous vous baignez
Esclaves noirs de Fréjus
qui évoquez chaque soir
dans les locaux disciplinaires
avec une vieille boite de cigares
et quelques bouts de fil de fer
tous les échos de vos villages
tous les oiseaux de vos forêts
et ne venez dans la capitale
que pour fêter au pas cadencé
la prise de la Bastille le quatorze juillet
Enfants du Sénégal
dépatriés expatriés et naturalisés
Enfants indochinois
jongleurs aux innocents couteaux
qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés
de jolis dragons d'or faits de papier plié
Enfants trop tôt grandis et si vite en allés
qui dormez aujourd'hui de retour au pays
le visage dans la terre
et des hommes incendiaires labourant vos rizières
On vous a renvoyé
la monnaie de vos papiers dorés
on vous a retourné
vos petits couteaux dans le dos
Étranges étrangers
Vous êtes de la ville
vous êtes de sa vie
même si mal en vivez
même si vous en mourez.

Jacques Prévert
 

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Invisibles

Publié le par fethiok

 

    Adrets 4412
Azzedine BOUAYAD,Angelo AYBAR,Nasser DJEMAÏ, David ARRIBE
(lors d'une répétition )

 

 

 

 Une très belle pièce écrite et mise en scène par Nasser Djemaï que j'ai eu le plaisir d'aller voir hier soir.

"Ils sont devenus des « invisibles », des travailleurs immigrés, écartelés entre les deux rives de la Méditerranée, qui ont vieilli ici. « Ils sont restés seuls, nous raconte Nasser Djemaï, pour des raisons diverses, ils ne sont pas rentrés au pays. La France est devenue leur pays, ils y ont apporté leurs rêves, mais ils sont devenus des fantômes. Ils ont asphalté les routes, construit les HLM et sorti des chaînes des quantités de pièces détachées. » Ainsi ont-ils puissamment contribué, à la force des bras, aux fameuses Trente Glorieuses, qui virent la reconstruction accélérée de l’économie. Nasser Djemaï, après un travail de collecte de la parole dans des foyers, des cafés sociaux, au seuil des mosquées et devant des montées d’immeubles, a engrangé un substantiel matériau d’ordre sociologique, de la part de ces « chibanis » (cheveux blancs en arabe). Ces témoignages, qui lui ont permis de définir des personnages et de chercher la trame d’une histoire à partir de thèmes récurrents, ont préludé au début de l’écriture, aussitôt soumise aux six acteurs aux fins de vérification, y compris au moyen d’improvisations. L’étape finale étant la finalisation du texte à l’épreuve de la scène. Dans un cheminement qui emprunte autant au songe qu’à la réalité, le spectacle met en scène des pères qui n’ont jamais pu l’être face à un fils qui cherche le sien. Œuvre en même temps réaliste et lyrique, Invisibles marque un tournant dans l’œuvre de Nasser Djemaï qui fut révélé au public à travers deux monologues. « Pour moi, déclare-t-il, la nécessité de ce projet se trouve à un endroit très particulier : un endroit où je pourrais être un petit enfant assis sur les genoux d’un de ces vieux hommes qui me raconte des histoires, et qu’on puisse rire ensemble. Il faut respecter la pudeur, la fierté et la noblesse de ces ancêtres et aussi, avec délicatesse, brancher le détonateur et faire exploser des moments de vérité, avec toute la violence, la cruauté et la drôlerie qui s’imposent. »


Tournée "Invisibles" 2011-2012

MC2 : Grenoble, du 22 novembre au 3 décembre 2011
Le Volcan, scène nationale du Havre, du 6 au 8 décembre 2011
Le Granit, scène nationale de Belfort, les 5 et 6 janvier 2012
Théâtre Liberté - Toulon, le 14 janvier 2012
Espace des Arts - Chalon sur Saône, les 17 et 18 janvier 2012
Domaine d'Ô - Montpellier, du 1er au 3 février 2012
Le Tarmac - Paris, du 7 au 18 février 2012
Maison de la culture de Bourges, les 22 et 23 février 2012
Théâtre d'Aurillac, le 13 mars 2012
L'Apostrophe, scène nationale de Cergy Pontoise, du 20 au 22 mars 2012
Le Fanal, scène nationale de St Nazaire, les 29 et 30 mars 2012


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Un Air d'Italie

Publié le par fethiok

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expo 4519
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
L'Isère célèbre les liens qui l'unissent depuis toujours à l'Italie avec, en point d'orgue, une très belle exposition au Musée Dauphinois qui présente l’histoire de milliers de migrants italiens arrivés en Isère au milieu du XIXe siècle jusqu’aux années 1960.  

Musée Dauphinois: du 18 novembre 2011    au 31 décembre 2012

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Rue Darwin

Publié le par fethiok

 

  sansal

 

 

 

 Ma lecture actuelle est un livre de l'écrivain algérien Boualem Sansal."Rue Darwin".

"Je l'ai entendu comme un appel de l'au-delà : "Va, retourne à la rue Darwin."
J'en ai eu la chair de poule. Jamais, au grand jamais, je n'avais envisagé une seule seconde de retourner un jour dans cette pauvre ruelle où s'était déroulée mon enfance."

  Après la mort de sa mère, Yazid, le narrateur, décide de retourner rue Darwin dans le quartier Belcourt, à Alger. « Le temps de déterrer les morts et de les regarder en face » est venu.

Une figure domine cette histoire : celle de Lalla Sadia, dite Djéda, toute-puissante grand-mère installée dans son fief villageois, dont la fortune immense s'est bâtie à partir du florissant bordel jouxtant la maison familiale. C'est là que Yazid a été élevé, avant de partir pour Alger. L'histoire de cette famille hors norme traverse la grande histoire tourmentée de l'Algérie, des années cinquante à aujourd'hui.

Encore une fois, Boualem Sansal nous emporte dans un récit truculent et rageur dont les héros sont les Algériens, déchirés entre leur patrie et une France avec qui les comptes n'ont toujours pas été soldés. Il parvient à introduire tendresse et humour jusque dans la description de la corruption, du grouillement de la misère, de la tristesse qui s'étend… Rue Darwin est le récit d'une douleur identitaire, génératrice du chaos politique et social dont l'Algérie peine à sortir.  

Boualem Sansal a une formation d'ingénieur (École nationale polytechnique d'Alger, École nationale supérieure des télécommunications de Paris) et un doctorat d'économie.

Il a été enseignant, consultant, chef d'entreprise et haut fonctionnaire au ministère de l'Industrie algérien. Il est limogé en 2003 pour ses prises de positions critiques contre le pouvoir en place particulièrement contre l'arabisation de l'enseignement[1].

Son ami Rachid Mimouni (1945-1995), l'encourage à écrire. Boualem Sansal publie son premier roman Le Serment des barbares en 1999 qui reçoit le prix du premier roman et le prix des Tropiques. Son livre Poste restante, une lettre ouverte à ses compatriotes, est resté censuré dans son pays. Après la sortie de ce pamphlet, il est menacé et insulté  mais décide de rester en Algérie. Un autre de ses ouvrages, Petit éloge de la mémoire est un récit épique de l'épopée berbère. Boualem Sansal est lauréat du Grand Prix RTL-Lire 2008 pour son roman Le Village de l'Allemand sorti en janvier 2008, roman qui est censuré en Algérie. Le 9 juin 2011, il remporte le Prix de la paix des libraires allemands.

Il habite près d'Alger.


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Politiquement...incorrect

Publié le par fethiok

Le Président Sarkozy visitait une école primaire. Le professeur a demandé au Président s'il voulait bien mener la discussion autour du mot "tragédie".
Alors l'illustre meneur demanda à la classe un exemple de "tragédie".

Un petit garçon se leva et proposa :
- Si mon meilleur ami, qui vit dans une ferme, était en train de jouer dans le champ et qu'un tracteur lui roule dessus et le tue, ce serait une tragédie.
- Non, dit Sarkozy, ce serait un accident.

Une petite fille leva la main :
- Si un bus scolaire transportant 50 enfants tombait d'une falaise, et que tout le monde serait tué à l'intérieur, ça serait une tragédie.
- Je crains que non, expliqua le Président. C'est ce qu'on appellerait une grande perte.

Le silence se fit dans la salle. Aucun autre enfant ne se porta volontaire.

Sarkozy chercha dans la salle.
- N'y a-t-il personne ici qui puisse me donner un exemple de tragédie ?

Finalement, au fond de la salle, un petit garçon leva la main... D'une voix calme il dit:
- Si l'avion présidentiel vous transportant était frappé par un tir de missile ami et était complètement désintégré, ça serait une tragédie.
- Formidable !, s'exclama Sarkozy. C'est exact. Et peux-tu nous dire pourquoi ce serait une tragédie ?
- Eh bien, dit le garçon, il faut bien que ce soit une tragédie, car ce ne serait certainement pas une grande perte, et probablement pas un accident non plus.


C'est la première nuit d'amour entre Carla et Nicolas. Elle lui glisse à l'oreille :

- Sois doux avec moi, je suis toujours vierge...
- Comment est-ce possible, demande Nicolas, tu as déjà eu tant d'hommes ?
- Eh bien, mon premier amant était responsable des ventes, il passait son temps à me dire à quel point ça allait être super.

Le second s'occupait d'un SAV. Il me disait toujours qu'il ne savait pas bien comment ça fonctionnait mais qu'il allait jeter un coup d'oeil et qu'il me tiendrait au courant.

Le troisième était informaticien. Il faisait des diagnostics mais ne pouvait pas traiter le problème.

Le quatrième faisait de la vente par correspondance et même en ayant la commande il ne pouvait pas me donner de date de livraison.

Le cinquième était ingénieur. Il comprenait bien le processus mais demandait trois ans de recherches supplémentaires et voulait revoir le design avant de se lancer.

Le sixième était dans l'administration. Il connaissait bien le problème mais se demandait toujours si c'était son boulot ou pas.

Le septième était dans le marketing. Bien qu'il trouve qu'il avait un super produit, il ne savait jamais comment le positionner.

Le huitième était psy. Tout ce qu'il faisait c'était d'en parler, d'en parler, d'en parler...

Le neuvième était gynéco. Il passait son temps à regarder, jamais plus.

Enfin, maintenant que je suis dans les bras d'un président et je suis vraiment excitée !

- Mince, dit Nicolas, mais pourquoi es-tu si excitée ?

- Hé bien parce que tu es un homme politique et que je suis sûre que tu vas vraiment me baiser !


Sarkozy visite une maternité pour faire sa propagande. Dans la première chambre, une jeune maman est aux anges : "c'est le plus beau bébé du monde !".

Pareil dans la seconde chambre ... Mais dans la troisième, une jeune maman pleure à chaudes larmes. Sarko lui demande ce qui lui arrive. "C'est mon bébé, répond-elle".
Qu'est-ce qu'il a votre bébé, il est malade ? Mais non ! Il est en pleine forme : il a déjà les dents qui poussent !
Mais alors ? Pourquoi pleurez-vous donc ?
* Il vous ressemble !
Alors, Sarkozy s'approche du landau, regarde le bébé, et dit :
* "Mais c'est vrai qu'il me ressemble ... peut-être sommes-nous de la même famille ? Comment vous appelez-vous ?
"Marie DUPONT".
"Ah ben non ... Il n'y a pas de DUPONT dans la famille Sarkozy de Nagy-Bocsa... mais il y a bien une ressemblance ... c'est curieux ... je me
demande d'où ça vient ...
* "Mais je sais, moi, d'où ça vient !", dit la jeune maman en redoublant ses sanglots. "C'est mon mari ! Il est délégué syndical".
* "Et alors ?"
* "Et alors, tous les soirs, en rentrant à la maison, il dit :
"Sarkozy, moi, j'en ai plein les couilles !"

Quel est le nouveau surnom de Ségolène ?

Réponse : Couscous !
Pourquoi ?
- Elle fait beaucoup de boulettes,
- Elle a un pois chiche dans la tête
- Et elle pédale dans la semoule.
C'est un couscous Royal ! 

Pourquoi le gouvernement français a-t-il mis une femme au ministère de la justice ?
Réponse : Parce qu'il faut bien que quelqu'un s'occupe du parquet.

Un autobus emmène des politiciens à congrès. L'autobus quitte la route et s'écrase contre un arbre dans le pré d'un vieil agriculteur.

Le vieil agriculteur, après avoir vu ce qui s'est passé, se rend sur les lieux de l'accident. Il creuse alors un trou et enterre les politiciens.
Quelques jours après, le shérif local passe sur la route, voit l'autobus écrasé, et demande à l'agriculteur où sont passés tous les politiciens.
Le vieil agriculteur lui dit qu'il les a tous enterrés. Le shérif demande alors au vieil agriculteur, "Etaient ils TOUS morts?"
Le vieil agriculteur répond, "Bien, certains parmi eux disaient qu'ils n'étaient pas morts, mais vous savez comment mentent les politiciens.

Selon Ségolène Royal, le préservatif représentera désormais la gauche à la place de la rose. Les socialistes estiment que le préservatif reflète le mieux l'image du PS. En effet, le préservatif tolère l'inflation, vide les bourses, ralentit la production, détruit la prochaine génération et protège les glands. Enfin, il vous donne un sentiment de sécurité alors que vous vous faites baiser!

Savez vous exactement qui gouvernait les français ?

Voici quelques uns des membres de l' assemblé nationale.
(c' est véridique)

M.Seguin
M.Legros
M.Branlay
M.Carel
Mme.Segolène Royal
M.Sauter
M.Papu
M.Genet
Mme.Mady
M.Jospin

Cette liste ne vous évoque rien ?
Maintenant lisez la du bas vers le haut en oubliant les M. et Mme., vous comprendrez mieux !





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Hassi Messaoud, les secrets (bien cachés) de l'or noir

Publié le par fethiok

L'histoire d'une famille dépossédée de sa terre et de son or noir...  

C’est comme dans les anciens mythes de l’humanité ou du Texas: un jour de l'année 1917, un berger audacieux arrive au centre d’un Sahara algérien sans fin et sans intérêt. Il y cherche de l’eau pour son troupeau. Il creuse un puits, trouve de l’eau mais aussi une substance noire et visqueuse. Du pétrole. Un siècle plus tard, 600 Algériens tiennent un sit-in près de ce puits et demandent l’héritage de leur ancêtre. Il s’appelle Messaoud et la ville s’appelle Hassi Messaoud, capitale du pétrole algérien, à 850 km au sud-est d’Alger.

La famille «Dallas la plus pauvre d’Algérie»
L’info commence à provoquer l’attention des médias algériens depuis quelques jours: on en parle, au début avec humour, puis avec beaucoup plus de gravité et de sérieux. L’enjeu est en effet énorme: A qui appartient vraiment le pétrole algérien? A tous les Algériens? A la France qui y a creusé les premiers forages les années 1950? A Messaoud l’ancêtre de cette ville dite «vache laitière» de l’Algérie? Ou aux 600 de ses descendants qui possèdent tous les papiers preuves de leur droit de jouissance sur les quelques 4 kilomètres carré de l’endroit? Ou aux grands majors pour qui Messaoud l’algérien restera un berger anonyme et sans cotation en bourse?

 

Depuis quelques jours, les 600 Messaoud sont en sit-in permanent près du fameux puits qui a donné son nom à la fausse ville: Hassi Messaoud. Traduire, le «Puits de Messaoud» creusé par le Père de tous, mort en 1924. Ce qu’ils veulent? Pas le pétrole.

«Le pétrole est une richesse nationale, nous ne demandons pas sa privatisation. Nous réclamons la reconnaissance de notre droit comme légitimes propriétaires de ces terrains et de nous accorder des droits comme tous les autres Algériens» expliquera à un journal Mohammed, le porte parole du clan.

Ils sont propriétaires historiques et légaux des 4 kilomètres carré de l’endroit le plus riche d’Algérie, avec le gisement de pétrole le plus énorme d’Afrique.

«Et pourtant en tant que légitimes propriétaires de ces terrains, nous sommes marginalisés dans toute la région. Sur les 600 personnes descendantes de Messaoud, seules 6 personnes travaillent dans les compagnies pétrolières. Le reste travaille dans le secteur privé. Nous sommes méprisés. A cela s’ajoute l’obstacle de la construction, ils nous interdisent de construire sous prétexte que c’est une région pétrolière, mais en revanche, on laisse des «barons» accaparer des terrains et construire des parkings en dépit de cette même loi. S’il s’agit d’une région interdite à la construction, ils doivent l’appliquer sur tout le monde, s’il y a un besoin de construire des parkings et des bases de vie, nous sommes prioritaires» plaide le dernier des Messaoud.

 600 Messaoud et quelques dinars
Les Messaoud ne veulent pas le pétrole, mais seulement la terre, en surface, et un régime de priorité pour le recrutement des porteurs de noms dans le seul secteur à gros salaire dans la région, celui des hydrocarbures. Le pétrole a été découvert sur leurs terres mais ils sont restés pauvres, au chômage et à l’ombre de l’histoire. La propriété du pétrole, principale richesse du pays, et unique poumon de l’économie algérienne reste donc un tabou. L’indépendance de 1962 a consacré l’égalitarisme et la propriété «du tout par tous» pour éviter les réclamations du genre. En effet, qui sera, après l’indépendance, le propriétaire de la richesse ou de la terre? Le chef de guerre tribal que la France a exproprié en 1870 et dont les descendants sont encore là, ou le Moudjahid qui a survécu après la guerre d'Algérie? Ou le colonel qui a négocié avec De Gaulle? C’est l’un des plus grands blocages de la propriété foncière en Algérie et il n’a pas encore été surmonté 50 ans après.


Les accords d’Evian sans les Messaoud
La question s’est posée un peu autrement pour le pétrole algérien. Les négociations d’Evian, clefs des accords ayant mené à conclure l’Indépendance algérienne, avaient buté sur le dossier du Sahara. Dès l’année 1956, la société française SN REPAL découvre du pétrole dans les sous-sols de la région avec des gisements qui se révèleront fabuleux. Un Eldorado en naitra très vite et autour de la margelle blanche posée par Messaoud, repère dit-on des caravaniers et signe encore visible de l’eau du puits aujourd’hui à sec, une ville se construit. Dès 1958, l’exploitation commence et avec elle le rush des chercheurs d’or, leurs familles, leurs administrations, leurs piscines et leurs villas et leurs kiosques et cafés.    

Les oubliés de la nationalisation

«Les colons, à l’époque, reconnaissaient que nous sommes les propriétaires de ces terres. Des actes de propriété existent» affirment Mohammed Messaoud, dans les journaux algériens.

Une ville–champignon y verra donc le jour et la population y explosera passant de quelques centaines de nomades à des milliers de sédentaires. L’enjeu était énorme pour la sécurité énergétique de la France, mais la France finira par perdre la partie: le 24 février 1971, le pétrole d’Hassi Messaoud est nationalisé par Houari Boumediene et Hassi Messaoud deviendra algérienne et les Messaoud ne diront rien et n’auront rien, encore une fois.

 

Petite anecdote, la nationalisation sera poussée jusqu’au détail: le 15 juin ou le 27 Juillet 1956 à 15 heures sur le camp MD1 (MD pour Messaoud), un français, Jean Riemer a fait jaillir pour la première fois du pétrole à Hassi Messaoud, raconte-t-on. Un feu se déclara sur les lieux et provoquera une explosion qui brulera gravement le pionnier. Rapatrié en urgence à Alger par avion, Riemer mourra de ses blessures quelques jours plus tard. On raconte aussi qu’une «plaque dédiée à son souvenir fut fixée au puits N° 1 de Hassi Messaoud et qu’en 1962 cette plaque sera enlevée, après l'indépendance du pays.». Le même destin réservé à Messaoud, le père.
   
Le Puits est à sec, mais l’argent coule

Nationalisé, le pétrole de Hassi Messaoud appartiendra donc à tous les Algériens. Pour les Algériens, il y a cependant des détails au bas de l’acte de propriété: Sonatrach reste l’unique société publique, détentrice des droits d’exploitation, de recherche ou de commercialisation de l’or noir et du gaz algérien. Les Messaoud n’y ont pas plus de droits que les autres Algériens. Hassi Messaoud deviendra cependant, au fil des décennies, un enjeu d’or et une mine d’argent, autrement que par le pétrole. Sonatrach y fera déménager ses cadres et ses pôles dès les années 1980 et y érigera des milliers de chalets et de grosses bases de vies pour ses employés. La petite commune de la préfecture de Ouargla, gérée par une mairie modeste deviendra aussi la capitale des plus gros salaires algériens et des emplois les mieux rémunérés dans le seul secteur producteur de richesse de l’Algérie.

La destination attirera sur la ville des flux migratoires internes qui deviendront ingérables durant la guerre civile des années 1990. Autour de la coupole blanche du puits de Messaoud, on retrouvera donc les Messaoud de plus en plus exclus de la rente, les cadres du nord venus en colonies de peuplement, les habitants des autres régions du pays venus chercher du travail et des contrats, les multinationales et, enfin, les premiers bidonvilles. El Haïcha, la bête sera le bidonville le plus célèbre, à cause d’une expédition punitive contre des femmes en juillet 2001.    

El Haïcha, la bête immonde

Dès les années 1990, la grosse capitale est devenue en effet le pays rêvé des chômeurs algériens et des chômeuses algériennes aussi. On retrouve donc à Hassi Messaoud, les traces de la femme de Messaoud, la femme cadre, la femme secrétaire, la femme épouse de cadre, la femme de ménage, la femme cuisinière et la femme qui cherche à s’en sortir. Cela induit des situations de vie où les femmes vivent seules et sont donc passibles de l’inculpation pour crime de mœurs et soupçon sur la bonne conduite. Le vendredi 13 juillet 2001, le prêche d’un imam contre les femmes «de mœurs légères» car vivant simplement seules, provoque une réaction de foule et une attaque barbare contre les quartiers des femmes à Hassi Messaoud.

Viols, violences, rapts et agressions à l’arme blanche feront la loi pendant des heures à El Haïcha, le quartier. «L’épuration», malgré l’intervention de la police, sera réédité le lendemain et dans d’autres villes pétrolières du sud algérien. On dénombrera des dizaines de victimes, mais l’affaire sera un peu étouffée au Nord. De procès en faux procès, seuls 6 agresseurs seront jugés, faisant face à 3 femmes, les autres victimes ayant cédé aux menaces et aux intimidations. Ce drame a fait l'objet d'un film, sorti en 2008: Vivantes! de Saïd Ould Khelifa. En 2010, deux des victimes, Rahmouna Salah et Fatiha Maamoura, publient un récit: «Laissées pour mortes, le lynchage des femmes de Hassi Messaoud», Editions Max Milo. Là aussi, les Messaoud n’y pouvaient rien.

Nouvelle ville, clef en main
Hassi Mesaoud, outre son statut de capitale du pétrole, des multinationales, du chômage ou des épurations sexistes, est aussi la manne d’or des appels d’offres internationaux, trop juteux pour être honnêtes. En 2006, le gouvernement algérien décide d’y créer une nouvelle ville, une sorte de New Hassi Messaoud. Le projet est énorme, colossal et prévoit un budget de géant: presque 6 milliards de dollars pour faire de ce puit de caravaniers, devenu un bidonville pétrolier, une vraie ville moderne. La ville du futur restera cependant une promesse. Jusqu’en 2010, le projet reste dans les tiroirs, frappé du sceau de la suspicion et des enquêtes après l’éviction du ministre algérien du pétrole, Chakib Khellil, et les enquêtes lancées autour du staff dirigeant du groupe Sonatrach. Il faut attendre donc 2015 pour voir cette ville naitre de l’actuel désert, promettent encore une fois les autorités algériennes. Le projet est en effet confié à de grands groupes étrangers avec un schéma d'aménagement destiné à abriter une population de 80 000 habitants sur 4483 hectares dont 3205 pour l'urbanisation et l'aménagement. Un gros projet donc et là aussi, les enfants de Messaoud ne sont pas associés.    

Messaoud veut sa terre

Du coup, après la découverte de l’eau par Messaoud, celle du pétrole par Jean Riemer, du nationalisme par les nationalisations du Président Houari Boumediene, du califat wahabites par l’imam qui a appelé à lyncher les femmes du quartier El Haïcha et de la nouvelle ville par les futurs constructeurs de villes sur commande, on redécouvre les 600 héritiers de Messaoud. Que veulent-ils? Pas qu’on leur rende le pétrole, mais seulement de la terre, un peu de respect, du travail pour les descendants de Messaoud. Le clan est donc en sit-in depuis quelques jours au centre même de l’endroit le plus riche d’Algérie.

«Nous avons adressé des lettres aux autorités locales, au ministère de l’Intérieur, aux services du Premier ministre et même à la présidence de la République. Malheureusement, aucune suite n’a été donnée à nos doléances. C’est pour cela que nous avons opté pour les sit-in devant le Premier puits de Messaoud qui devait être classé site historique » conclu le représentant de la tribu.

Jusqu’à quand? «Nous sommes déterminés à aller loin dans nos actions, c’est une question de dignité familiale. Voir des gens construire sur les terres de vos ancêtres, sans notre accord, touche à l’honneur de la famille». Les Messaoud sont donc de retour. Accompagné des milliers de chômeurs de la région, devenu aussi capitale des chômeurs militants de l’Algérie pétrolière.

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11/11/11 à 11:11

Publié le par fethiok

 

Une coïncidence n'est qu'une explication qui attend son heure.

 

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