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Articles avec #des deux rives tag

Naïla

Publié le par fethiok

En ce jour, mercredi 26 septembre 2012 à deux heures trente du matin, la petite Naïla,4 kilos de bonheur, est venue au monde pour égayer le foyer de ma fille et faire de moi par la même occasion, pour la première fois, un grand-père heureux.
Amities 1283

 

Naïla peut apparaître plus dure, plus stricte, qu'elle ne l'est en réalité... En fait, elle est hypersensible et somme toute assez vulnérable. Face à l'hostilité, elle a souvent tendance à se replier sur elle-même, en évitant les affrontements. Pourtant, c'est une femme courageuse, fière, déterminée, qui déteste l'injustice, la flatterie, le mensonge, et est tout à fait capable de commander et d'assumer des responsabilités. Elle possède un esprit novateur et a besoin de vivre ses propres expériences, capable en cela de se sacrifier pour une cause qui la touche. C'est une femme assez complexe. Elle est souvent partagée entre un côté égocentrique, autoritaire, exigeant, surtout si elle est née un 1, 10, 19, 28, ou si elle possède un chemin de vie 1. A l'opposé se trouve en elle un autre côté, altruiste, idéaliste, surtout si elle est née un 9, 18, 27, ou si elle possède un chemin de vie 9. Enfant, Naïla est sage, disciplinée et réservée. Elle est autonome et se révélera une sœur aînée remarquable, capable de remplacer les parents le cas échéant. Attention toutefeois de ne pas abuser de sa gentillesse, c'est une proie rêvée. Il serait souhaitable de la faire participer à des activités extérieures qui lui permettront de trouver le juste équilibre dans sa relation avec les autres et l'environnement.

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Au forgeron de Batna

Publié le par fethiok

La vie au jour le jour à Batna... ville de garnison au cœur des Aurès- Nemencha. Jean Pierre Marin lève un voile sur les secrets de cette région et tente d'expliquer pourquoi ce ne pouvait être que dans ces montagnes à l'histoire si complexe que se formentait l'insurrection de la Toussaint 1954.


Ce livre est surtout l'hommage d'un homme mûr à son père: Aimé Marin, forgeron dans l'Aurès. Une ode incantatoire, murmurée avec reconnaissance, puis criée avec rage.

Les Français d'Algérie seront nombreux qui se reconnaîtront dans ce récit historique dont chaque détail a fait l'objet d'un scrupuleux travail de mémoire et d'une recherche documentaire de plusieurs mois au C.A.O.M d'Aix en Provence, dans la presse écrite de l'époque, dans de nombreux ouvrages et archives diverses qui n'avaient encore jamais été explorés.

On découvre aussi la mixité d'une famille implantée en Algérie depuis quatre générations, dont une branche servait l'armée française tandis que l'autre était engagée dans le FLN auquel elle appartient toujours.
A chaque ligne, à chaque évocation d'un nom de lieu , de personne...un frisson me traversait...je vous recommande ce livre .

AU FORGERON DE BATNA de Jean-Pierre Marin - Préface de Jean Deleplanque

AU FORGERON DE BATNA

Auteur :  Jean-Pierre Marin - Préface de Jean Deleplanque 
 
 
Editeur : L'HARMATTAN 
 

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Guy Bedos: Je suis Algérien

Publié le par fethiok

C’est un jeune homme de 78 ans. Il est né dans l’Algérie française, n’a jamais vécu la guerre d’indépendance et revendique tout haut son «algérianité». Humoriste, éditorialiste, dramaturge, écrivain, comédien et humaniste, il s’appelle Guy Bedos et revient sur ses Mémoires d’outre-mère.

-On vous a rarement vu dans un film dont le décor était l’Algérie ?

J’ai eu plusieurs projets de films en Algérie et rien ne s’est fait. D’abord un film personnel sur une fille violée à l’âge de 11 ans. Un film qui m’était cher. Tout était compliqué pour la fabrication de ce film. Actuellement, je travaille sur l’adaptation du roman de Roland Bacri, Le Beau Temps perdu (1978), une belle histoire, un journaliste qui revient dans son pays qui l’a vu naître. Ce serait un film qui ne serait pas défavorable à l’Algérie d’aujourd’hui, à son peuple et qui ne traînerait pas derrière lui le slogan «Algérie française». Dans ce film, il y aurait une belle amitié entre ce journaliste et un chauffeur de taxi qui pourrait être interprété par Mohamed Fellag. Mais je ne sais pas si ce film se fera.

-Quand vous évoquez l’Algérie, vous n’en parlez pas avec nostalgie comme peuvent le faire certains artistes...

Sachez que les idées que j’ai actuellement, je les avais déjà à l’âge de 15 ans. J’ai eu de la chance, étant gosse, d’avoir rencontré une femme admirable du côté de Kouba qui m’a appris à écrire, à lire, à compter et les droits de l’homme. J’avais 7 ans. Elle s’appelait Finouche. Puis la première fois où j’ai dû résister face à un gouvernement que je ne supportais pas, ce fut face au mari de ma mère, mon beau-père, raciste et antisémite, un ancien ouvrier devenu patron, et qui tenait une scierie. Je me souviens d’un de ses employés, se coupant malencontreusement deux doigts. Je vois ça, affolé, ne sachant plus où me mettre. Je vois aussi son contremaître et le patron, mon beau-père, le sermonner. Pas un seul mot de compassion.

Tout cela fut un grand service que m’ont rendu mes parents et qui m’aidèrent, malgré eux, à prendre position. Ma mère, par exemple, était la fille d’un type bien, proviseur du lycée où Camus avait fait une partie de ses études. J’entendais des phrases sortir de la bouche de ma mère et/ou de mon beau-père qui furent fondatrices pour mon initiation personnelle. Je me souviens d’un affrontement entre Juifs et Arabes d’Algérie, et de ma mère nous dire : «Qu’ils s’entretuent, cela fera toujours ça de moins.» Voir ça était plus important pour moi que de lire Karl Marx ! Plus tard, quand je suis devenu comédien, je me suis servi de ce métier pour effectuer mon premier engagement, la lutte contre le racisme quel qu’il soit. Et c’est devenu obsessionnel chez moi !

-Depuis que vous êtes parti de votre pays natal, il y a eu des retours ?

Pour la mort de mon père, je suis revenu en Algérie. Je devais avoir 20 et quelques années, c’était pendant la guerre. Je me souviens d’un acte d’héroïsme teinté d’humour, me baladant dans La Casbah, vêtu d’une petite chemise rose, cherchant à acheter un kilo de tomates. J’étais tout seul ! C’était un défi, car je voulais prouver à mon entourage que ce n’était pas une fatalité de se faire assassiner par les Arabes si on allait dans leur quartier. J’avais besoin d’accomplir mon acte de bravoure, car je me promenais avec un sentiment de honte vis-à-vis de ceux de ma génération. Puis, je suis retourné en Algérie dans les années 1980 pour faire un film avec Mireille Dumas, un documentaire dans lequel je revenais dans ma région avec mon fils, à Annaba (Le Passé retrouvé : Guy Bedos en Algérie, 1988). Je voulais montrer à mon enfant d’où je venais, un témoignage de ce que j’avais vécu. Les gens étaient contents de me voir et c’était réciproque. Quand je suis arrivé à Constantine, je me suis couché et j’ai embrassé la terre. Je suis profondément natif d’Algérie. Puis beaucoup plus tard, en 2005, j’ai écrit un livre qui s’appelait Mémoires d’outre-mère et dont on m’a rapporté tout le bien qu’en pensait Abdelaziz Bouteflika !

-Et si demain, vous deviez revenir ?

Si demain je vais sur Alger, je crains qu’un envoyé du gouvernement vienne me chercher, qu’on me «récupère». Je ne veux pas d’une photo officielle, plutôt officieuse avec le peuple. Sachez aussi que mon plus vieil ami d’enfance est un avocat algérien de Annaba et parfois, je crains pour sa vie compte tenu du fait qu’il n’aime pas l’Algérie d’aujourd’hui et qu’il le fait savoir. Très souvent, il vient me voir et me ramène des nouvelles du pays. Quand je me souviens de lui, je pense au fait qu’il était le seul Arabe de mon école et c’est avec lui que je me suis lié à vie. Je me revendique comme Algérien. Ma légion d’honneur, c’est quand un chauffeur de taxi algérien m’a dit un jour : «Vous êtes comme moi, Maghrébin» et je l’ai remercié. Je ne suis pas dans la mélancolie d’une Algérie française, je suis beaucoup plus proche d’un Camus que d’Enrico Macias. Je prends le risque de déplaire en disant ça, mais je ne changerai rien d’un iota. J’ai toujours agi ainsi, et ce, depuis mon enfance. Je n’ai pas encore tué l’enfant qui est en moi, malgré mon âge avancé. Je suis fier de porter mon enfance algérienne et si l’Algérie avait été différente de ce qu’elle est devenue, ce ne serait pas en Corse que j’aurais eu une maison, mais à Tipasa, près de mon ami Albert Camus. Mais l’histoire en a décidé autrement. Je suis un Méditerranéen inguérissable.

-Lorsque la guerre de Libération éclate en 1954, vous vous trouvez déjà à Paris. Que se passe-t-il dans votre vie ? Comment vivez-vous cette période historiquement forte ?

D’abord, quand je suis venu sur Paris, j’étais encore adolescent et je peux vous assurer que cela n’a pas été facile. On parle toujours du ciel bleu d’Algérie… Moi, je suis fâché avec celui de Paris. Il m’arrive encore, durant les hivers parisiens, de me retourner chez moi, quand je prends mon petit-déjeuner, pour ne pas à subir ce truc grisâtre. Quand la guerre éclate, je suis mobilisé. J’ai été incarcéré au Fort de Vincennes où j’ai effectué mes classes. A l’époque, j’étais déjà marié et père de famille. Et je fus finalement réformé pour maladie mentale. Je me souviens d’une conversation entre deux médecins, l’un voulant me jeter au gnouf (prison militaire), l’autre insistant sur le fait qu’il fallait me libérer au cas où j’aurais contaminé mes camarades. J’étais comédien et je devenais une maladie. J’ai le soupçon de n’avoir pas vraiment triché, surtout quand je découvre l’un des adages de cet endroit qui disait : «La discipline est la principale force des Armées».

Je n’obéis à personne, ni à un homme politique ni même à un metteur en scène. Je veux être séduit. Je suis un réfractaire même si je suis très vivable ! Je lutte contre tout esprit de hiérarchie. Tout cela me ramène à mon beau-père. Je lui dois beaucoup, même de m’avoir fait échapper à la véritable explosion qui s’est traduite par la guerre d’Algérie. J’étais très heureux d’avoir échappé à cette guerre, car je ne voulais pas me retrouver dans la position de tueur. Le fait de mourir n’était rien comparé à celui d’enlever la vie. Ma mort ? Mektoub ! Je me suis construit finalement à l’inverse de ce à quoi j’avais assisté, de ce que j’avais subi. Longtemps, j’ai pensé à tous ces p’tit gars qui effectuaient leur classe et qui sont partis en Algérie. Ils n’avaient aucun lien avec ce pays, ils devaient juste défendre la France.

-Ce que vous dites renvoie à ce film de Jacques Rozier, Adieu Philippine, qui mettait en scène un futur appelé avant son départ pour Alger...

Exactement ! Tous ces gens arrivaient sur Alger, le port était beau et puis ensuite, ce fut l’enfer… des deux côtés. Cette guerre aura été une véritable saloperie ! A Paris, la vie n’était pas si simple compte tenu que j’avais été réfractaire à cette guerre. On m’en a beaucoup voulu à l’époque. Finalement, les Occidentaux en général n’ont pas de leçon à donner aux Orientaux.



-Aujourd’hui, l’Algérie fête le cinquantième anniversaire de son indépendance. Vous avez toujours suivi ce qui s’ést déroulé depuis 1962 ?

Toujours ! Même pendant les années 1990. Je me souviens d’amis algériens exilés qui ne voulaient plus revenir en Agérie. J’ai suivi tout ça. Puis, quand les différentes révolutions sont arrivées, les fameux «printemps arabes», j’ai tout de suite songé à l’Algérie et à ce qu’elle pouvait faire. Après en avoir discuté avec mon entourage, car il est primordial pour moi de m’informer, j’en ai déduit que 1988 était encore ancré dans les mémoires et surtout il m’était difficile d’identifier contre qui les Algériens devaient se révolter. Contre qui ? En Tunisie, il y avait Ben Ali, en Libye, El Gueddafi, en Egypte, Moubarak… en Algérie, j’ai l’impression que c’est encore confus ! Je ne l’invente pas, des amis algériens me le disent ! En somme, je reste en deuil de mon pays natal !

In El Watan

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Deux Constantinois de retour sur le Rocher

Publié le par fethiok

Lundi 2 avril 2012, deux Constantinois vont fêter à leur manière le cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie.

 

Deux enfants du Rocher, au destin très dissemblable mais que leur passion commune pour leur ville natale a eu vite fait de réunir : le comédien Smaïn et l’ancien instituteur Georges Morin. Et c’est le second qui ramène le premier ! Georges Morin, c’est d’abord, pour beaucoup de Constantinois, «Ould Madame Morin» (le fils de Madame Morin) cette infirmière qui, de 1930 à 1979, soit durant près de 50 ans, a soigné des générations de Constantinois ! Et c’est le célèbre écrivain, Anouar Benmalek, qui en parlait affectueusement un jour, en saluant publiquement, sur les ondes de la radio Beur FM, «Cette dame qui a piqué mon grand-père, qui a piqué mon père et qui n’a pas manqué de me piquer aussi… pour notre plus grand bien !»



Le père de Georges était dessinateur technique chez Esso puis aux Ponts et chaussées. Féru de tennis, il fut même champion de l’Est algérien en 1938 ! Georges Morin, c’est aussi ce jeune instituteur qui exerce à Constantine de 1960 à 1966, à l’école Arago de 1960 à 1964, puis à Jeanmaire de 1964/65 et enfin à l’école du Bardo en 1965/66, avant de partir à Grenoble pour ses études supérieures. C’est là qu’il mène ensuite une belle carrière d’enseignant en sciences politiques, de 1970 à 1990, avant de rejoindre l’inspection générale de l’éducation nationale. En 1997, il est élu maire-adjoint d’une ville de la banlieue de Grenoble et il commence à militer pour la coopération entre les villes, particulièrement avec l’Algérie et la Palestine. Il est ainsi très directement à l’origine de la coopération entre Grenoble et Constantine : dès 1972, avec la première convention interuniversitaire franco-algérienne entre les deux universités des deux villes ; puis, en 1982, lorsqu’il amène à Constantine (le maire en est alors Mohamed-Tahar Arbaoui) le maire de Grenoble, Hubert Dubedout, pour le premier jumelage entre les deux villes.

En 1983, Georges Morin est chef de cabinet du président de l’Assemblée nationale, le socialiste Louis Mermaz, et il persuade ce dernier de se rendre sur place pour lancer la coopération entre la wilaya de Constantine et le département de l’Isère (que présidait aussi M. Mermaz). Cette visite a marqué la ville des Ponts puisque Rabah Bitat, alors président de l’Assemblée populaire nationale, avait tenu à accompagner son homologue français. Georges Morin renoue encore les liens entre les deux villes de Constantine et de Grenoble dès 1999, dans le cadre de la relance générale des coopérations décentralisées franco-algériennes voulues, après les années noires, par les deux ministres de l’intérieur Jean-Pierre Chevènement et Abdelmalek Sellal. Et c’est précisément dans ce cadre Grenoble-Constantine que se présente la venue de Smaïn. Car la coopération entre les deux villes est multiforme et porte notamment sur la culture, dont Georges Morin s’est particulièrement occupé à la demande du maire de Grenoble, Michel Destot. Pour prendre quelques exemples, c’est cette coopération entre artistes des deux villes qui a engendré des activités culturelles comme le festival de jazz Dimajazz, le Ciné-club ou le Festival du conte.

Le président de ce dernier festival, Fayçal Ahmed-Raïs, a appelé un jour son ami Georges : «S’il te plaît, nous rêvons de Smaïn comme invité d’honneur de notre Festival 2012. Tu le connais bien. Il faut que tu nous le ramènes. Fais ça pour nous, fais-le pour ta ville !» Comment résister à ce type d’arguments ? Morin appelle aussitôt Smaïn, mais celui-ci est en pleine tournée avec son dernier spectacle ! Cela paraît donc fichu… mais Georges insiste et Smaïn finit par remarquer sur son agenda qu’il a un créneau de quelques jours de «relâche» entre le 31 mars et le 4 avril. Encore quelques coups de fil et l’affaire est conclue : les deux complices seront donc à Constantine dimanche 1er avril au soir. Tout le programme se concentre sur le lundi 2 avril : une rencontre avec les Constantinois au Centre culturel français de 15h à 16h30, puis une prestation de Smaïn en soirée, au Théâtre régional de Constantine, autour de son dernier livre Je reviens me chercher.

Et puis, hélas, dès le lendemain mardi 3 avril, ce sera le retour sur Paris.
Smaïn est déjà revenu à maintes reprises à Constantine, mais il est toujours très ému de revoir cette ville qui l’a vu naître en 1960. De mère inconnue, il est recueilli par des sœurs qui le confient à une nourrice avant l’amener en France, avec elles, en 1962. Elles remettent alors le bébé à un couple algérien qui va l’élever avec amour, dans la région parisienne, et forger ce magnifique artiste qui fait la fierté de l’Algérie et de la France. Ce mélange d’humour et de gravité qu’il promène avec tant de succès sur les scènes du monde entier est sans doute, quelque part, une revanche sur la vie, une vie qui a commencé si durement pour ce bébé perdu sur les bords du Rhumel. On dit toujours que c’est dans l’adversité que s’épanouissent les meilleurs artistes. L’adversité a touché Smaïn au premier jour de sa jeune vie, elle en a fait un grand comédien. Bienvenue Smaïn, bienvenue Georges !
Bienvenue dans votre ville natale !

Source El Watan

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Jean Pélégri

Publié le par fethiok



 

 

 

Pélégri

Auteur de romans, de pièces de théâtre, de poésie et d’un essai, Jean Pélégri est né en 1920 à Rovigo (auj. Bougara dans le département de Blida), comme Jules Roy, au sein d’une famille de propriétaires terriens installés en Algérie depuis 1841.
Carte Michelin Rovigo

A partir de 1942, après des études de philosophie à Alger, il fait les campagnes de Corse, de France et d’Allemagne comme engagé volontaire. Il enseigne les lettres en Corse, puis en Algérie à la veille de la guerre et enfin à Paris après l’indépendance.

En 1963, Jean Pélégri figurait parmi les fondateurs de l’Union des Ecrivains algériens. Jusqu’au bout, avec Ma mère l’Algérie en 1989 ou Les Etés perdus en 1999, Jean Pélégri n’a cessé de célébrer sa Mitidja natale.

Tiré de son livre homonyme publié en 1959 et tourné dans les tout derniers mois de la guerre d’Algérie, Les Oliviers de la justice de James Blue met en scène un pied noir de retour au pays, au chevet d’un père à l’agonie. Méditation sur le sort de l’Algérie coloniale, ce film dont il fut co-scénariste et comédien lui permet de ressusciter l’image de son père et son rêve algérien.

Jean Pélégri, qui fut également comédien dans Pickpocket de Robert Bresson ou encore Thérèse d’Alain Cavalier, s’est éteint le 24 septembre 2003.

« Les mots de l’amitié »
17-5-1955

Combien d’heures, combien de jours,
à contempler la mer, les vignes et le soleil ;
à écouter chanter les oiseaux dans la chaleur de l’été.
Mon œil me créait des paradis artificiels, des après-midi païennes, d’où je revenais hagard, stupéfait
et où je retournais le lendemain, malgré moi, comme à une drague…
Combien d’heures, combien de jours, j’ai pu passer à essayer d’oublier mon âme… vainement…
Jusqu’au jour où j’ai découvert que la nature était (vide)… marquée du signe de la faute…
que seul l’homme libre, réconcilié avec lui-même et les siens pouvait l’innocenter et lui redonner sa beauté de paradis terrestre.
Celui qui n’a jamais entendu de flûte… ne connaîtra jamais l’atmosphère de ma plaine.
Seule la musique pourrait raconter mon histoire.

Bibliographie

L’Embarquement du lundi
, Paris, Gallimard, N.R.F., 1952.


Les Oliviers de la Justice, Paris, Gallimard, 1959.


Le Maboul, Paris, Gallimard, 1963.


L’Homme-caillou, Paris, Benanteur, 1965.


Les Monuments du déluge, Paris, Christian Bourgois, 1967.


Slimane (pièce en quatre actes), Paris, Christian Bourgois, 1968.


L’Homme mangé par la ville (dramatique), France-Culture, 1970.


Le Cheval dans la ville, Paris, Gallimard, 1972.


Le Maître du Tambour (pièce), Théâtre Jean Vilar, Suresnes 1974).


Ma mère l’Algérie, Alger, Éditions Laphonic, 1989 / Paris, Actes Sud, 1990.

Les Étés perdus, Paris, Le Seuil, 1999.S
   



Au sujet de CAMUS.

Jean PELEGRI évoque la vision de l'Algérie par CAMUS en expliquant que celui-ci n'a "connu que l'endroit" et non l'envers de Tisapa et de l'Algérie, "ce n'est qu'une littérature du littoral".

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Patronne de Mauguin, la plus vieille imprimerie d’Algérie: Chantal Lefèvre

Publié le par fethiok

Au cœur de la ville de Blida, à la Place des mûriers (placet Etout) nul ne peut ne pas voir l’imposante bâtisse nichée au coin de la rue, avec une enseigne bien visible qui renseigne sur le maître des lieux : Mauguin imprimeur.

Dans son bureau au charme discret où elle s’active devant son ordinateur, la gérante, Mme Chantal Lefèvre, donne le ton, en précisant que l’établissement a su survivre malgré l’épreuve du temps.
Il semble bien petit le bureau de la patronne et l’on pense à toutes les idées qui y ont germé depuis Alexandre, le fondateur, à Chantal qui semble s’être inventé un destin en choisissant d’entrer dans cet univers de création et de créativité.

On pense aussi à tous les événements qui ont marqué toutes ces décades tourmentées passées et que ce lieu précisément a vocation de pérenniser à travers des ouvrages ici confectionnés.

«Nous existons depuis 1857 et l’imprimerie a fonctionné presque sans discontinuer. L’affaire familiale est passée de main en main toujours avec la même ambition, la même philosophie. En fait, ce sont trois familles apparentées, les Mauguin, les Bullinger, les Lombard et enfin les Lefevre qui se sont succédé à la tête de cette entreprise. Mais le mérite revient à Alexandre Mauguin qui, le premier, a eu l’idée de fonder cette institution. «C’est mon arrière-grand-père maternel, Alexandre, venu de Bourgogne à l’âge de 8 ans avec sa famille au milieu du XVIIIe siècle, qui en est le concepteur. La famille a atterri à Cherchell avant de se fixer à Blida. C’est ici donc qu’a commencé l’histoire de l’imprimerie», raconte Chantal, 66 ans, qui dirige aujourd’hui cette unité avec une main souple, si l’on se réfère aux rapports très chaleureux qu’elle entretient avec son personnel.

Enfance au Télemly

Chantal est née en 1946 à Alger, précisément au quartier du Télemly où elle y a effectué son cycle primaire et moyen, avant de rejoindre le lycée Fromentin (ex-Descartes), aujourd’hui Bouamama. En 1962, Chantal, adolescente, quitte l’Algérie dans le drame de l’exil obligé. «Dans ma tête, confie-t-elle, c’était un départ définitif. ça a été très douloureux, une indicible déchirure. Pour être franche, je ne voulais plus entendre parler de l’Algérie, une partie de moi-même allait s’envoler. On fait une croix et on essaie de se réadapter, voilà c’est tout, car la vie continue.

Mais à un moment ou un autre, il y a le passé qui vous rattrape et qu’on ne peut occulter indéfiniment, c’est pourquoi j’y suis retournée pour des petits séjours au milieu des années quatre-vingts. Je suis une Algéroise, je ne connaissais pas l’Algérie. C’est pourquoi j’ai été impressionnée par mes virées en Kabylie, à El Oued à Laghouat et à Bou Saâda. C’était une approche positive. Je me sentais des attaches, il me fallait trouver des repères. Je ne venais pas pour revivre le passé. Aussi, je me suis dit pourquoi ne pas revenir et se fixer définitivement ?

La question me taraudait l’esprit, d’autant que je me sens comme une Algérienne et fière de l’être.»

Les pieds-noirs restent attachés à leur terre natale. Si certains y sont restés, d’autres ayant quitté le pays y sont retournés, et visiblement s’y plaisent confortant un choix délibéré. Chantal fait partie de cette deuxième catégorie.

Comment s’est amorcé le déclic ?

Presque naturellement, tranche Chantal qui n’a jamais vécu en France, «puisque je suis partie directement en Espagne, un pays magnifique dont j’ai vécu les pulsations et les évolutions, notamment lors de son passage sans heurts du fascisme franquiste à la démocratie. C’est une expérience extrêmement enrichissante. Mais qu’advient-il de moi ? Je me suis dit étrangère pour étrangère, il vaut mieux revenir au pays natal.»

Chantal franchira le pas sans poser trop de préalables. Il y a une coïncidence incroyable entre un départ délicat en 1962 et un retour tout aussi délicat en 1993, lorsque Chantal décidera de rentrer au bercail en pleine tourmente.

«Je dois à la vérité de dire que je n’ai pas eu peur. J’étais très protégée par les gens du quartier et par mes employés. Il y avait un travail énorme sur l’imprimerie et ce n’était pas mon truc, mais j’ai appris auprès des uns et des autres, avec le personnel sur place qui m’a beaucoup aidé en m’introduisant dans le milieu.»

A cette date, c’est-à-dire en 1993, Chantal avait décidé de refaire sa vie. Elle est professeur à l’Institut français de Madrid et voulait faire de même au CCF d’Alger. Mais celui-ci, par mesure de sécurité, avait fermé ses portes. Mais qu’à cela ne tienne. A la mort de Lombard, son parent, il n’y avait personne pour diriger l’imprimerie. Je me suis résolue à reprendre l’affaire en mettant vite le pied à l’étrier. L’histoire de Mauguin ne peut s’effacer comme ça, d’un seul trait», martèle-t-elle.

Cela fait 155 ans que Mauguin existe, constituant, comme l’a écrit mon ami et confrère Ahmed Ben Alam, «La seule institution culturelle qui établit un trait d’union entre la période coloniale et l’Algérie d’aujourd’hui, jetant un pont entre ce qui fut et ce qui est.»

Aujourd’hui, Mauguin, qui est imprimeur et libraire, emploie une soixantaine d’employés : «Nous travaillons beaucoup avec l’administration qui nous a toujours sollicités ; d’autant qu’à une certaine époque, nous étions presque seuls sur le marché. Aujourd’hui, nous misons sur la continuité, mais le paysage a changé. De grandes et luxueuses imprimeries sont directement nos concurrentes, mais cela ne nous impressionne nullement dès lors que nos clients sont satisfaits du travail de qualité que nous leur offrons.» Il fallait convertir le typographe en monteur PAO, recycler le personnel et s’adapter aux nouvelles machines modernes. Le plomb n’est plus utilisé depuis 1999, alors que la quadrichromie a donné des couleurs chatoyantes aux ouvrages réalisés.
La place de Mauguin dans le paysage de l’édition n’est pas négligeable.

Période douloureuse

«Il y a une pléthore de maisons d’édition. Quant à nous, nous sommes au stade de la consolidation. Certains éditeurs ont pignon sur rue et évoluent dans le bon sens, à l’instar de Barzakh avec lequel nous entretenons d’amicales relations, dont le produit frise la perfection.»Mais la problématique du livre et sa place dans la société restent toujours d’actualité. La voix et les gestes de Chantal, bien méditerranéens, emplissent bientôt l’espace, alors qu’elle se prête avec gentillesse à l’exercice ardu d’interpeller sa mémoire, surtout lorsqu’il s’agit de moments douloureux, comme ceux que l’on vit dramatiquement lors des séparations. Mais notre interlocutrice est d’accord pour dire que l’histoire n’est pas une succession de fatalités.

Chantal a cette sensibilité engagée, née dès l’enfance où elle est beaucoup plus proche des petites gens, des gens ordinaires qu’attirée par les fastes bourgeois. Pour moi, le passé c’est le passé», concède-t-elle, ajoutant qu’elle a tout à découvrir.

«Nous avons un train en marche à prendre. Il ne faut pas le rater. Je ne veux pas vivre dans le passé, même s’il faut garder une part dans un coin de la mémoire. Je suis une femme libre qui est assez critique envers l’Algérie du présent», annonce-t-elle.

En arrivant en 1993 en Algérie, il lui a suffi quelques mois seulement pour éponger une lourde dette de l’entreprise, apprendre le métier et mettre de l’ordre dans la maison en redistribuant les rôles en fonction des compétences.

Malgré cela, elle trouve toujours matière à rouspéter : «Je ne suis pas satisfaite de moi. C’est peut-être un défaut. Il y a toujours mieux à faire, à découvrir, à faire découvrir. J’aime le travail bien fait et la qualité, ce qui implique un engagement personnel de tous les instants, et une perpétuelle remise en question !»En 2001, Chantal inaugure une librairie mitoyenne de l’imprimerie : «C’était un îlot de culture et de liberté, un lieu de rencontres et d’échanges de l’élite intellectuelle de la ville et même au-delà», regrette un ancien habitué des lieux, désabusé par la décision d’arrêt de cette manifestation.

Une femme appréciée

«Il est vrai qu’on organisait des causeries avec des amis issus de différentes branches. Grâce à eux et avec eux, on a pu créer une animation et des débats dont le succès est indéniable, mais tout a une fin», résume Chantal, sans autre précision.

Notre ami et confrère, Fayçal Metaoui, enfant de la ville des Roses, témoigne : «Tout le monde ou presque connaît Chantal Lefèvre à Blida. Il en est de même pour la bâtisse abritant les imprimeries. Pendant un temps, la librairie abritait des causeries très intéressantes.

L’endroit exigu avait du mal à accueillir le public qui y assistait chaque jeudi après-midi. Cette tradition culturelle a disparu.

Dommage. A Blida, des esprits bien pensants ont tout fait pour arrêter les causeries. Dans la ville, l’activité culturelle et artistique est réduite à zéro. C’est fait exprès. Chantal, qui adore le marché ‘‘El souk’’ du centre-ville, est l’amie des vendeurs des fruits et légumes. Ils savent quand elle passe et ce qu’elle veut exactement. Ils la considèrent comme une fille de la ville. Les amoureux de la littérature la respectent beaucoup. Certains d’entre eux veulent bien que les éditions du Tell reprennent pour que des livres soient produits. L’archive que Chantal conserve avec passion peut servir à éditer des dizaines de livres sur Blida, une ville au riche passé culturel et politique.»

Du propre aveu de Chantal, l’imprimerie a connu ses heures de gloire au lendemain de l’indépendance, où les commandes étaient légion, affluant surtout de l’administration et des institutions civiles et militaires, plaçant l’entreprise en état de quasi-monopole jusqu’à l’avènement, quelques années plus tard, des imprimeries d’Etat. Aujourd’hui, la donne n’a pas tellement changé. «On a pu éditer des livres alors que notre crédo est de continuer à travailler avec l’administration, notre devise c’est la qualité, et un livre qui sort de chez nous, il faut qu’il soit digne de la maison et du lectorat ! Notre plus gros tirage est sans conteste le livre de Sadi sur Amirouche, mais c’était exceptionnel !»

Source: El Watan

Bio express :

Chantal Lefèvre est née en 1946 à Alger, dans le quartier du Télemly où elle y a fait son cursus scolaire primaire et moyen. Elle rejoint le lycée Fromentin (devenu Descartes) et est rattrapée par l’histoire de la guerre.

Elle s’exile à Toulouse, où elle obtient son bac en pensionnat. «Je ne voulais pas rester en France», mais elle fera deux années de secrétariat de direction à Nice. Elle part en Espagne où elle exerce chez Saint Gobain à Madrid ; puis, elle est prof de français à l’Institut de Madrid. Elle prépare et obtient une licence de psychologue clinicienne. Elle revient dès 1980 pour de courts séjours en Algérie, où elle s’installe définitivement en 1993. Depuis, elle gère le patrimoine familial, dont l’imprimerie Mauguin de Blida et la librairie éponyme.

Source : El Watan

 

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Anna GREKI

Publié le par fethiok

Anna Greki est le pseudonyme de Colette Anna Grégoire. Née à Batna le 14 mars 1931, elle est d'origine française. Elle a participé à la lutte de libération algérienne. Elle est arrêtée en 1957 et enfermée à Barberousse, prison civile d'Alger, puis elle est expulsée d'Algérie. Elle est morte en couches le 6 janvier 1966 d'une hémorragie.

Son recueil le plus connu fut publié chez P. J.. Oswald en 1963. Il porte le titre de Algérie, capitale Alger. Un autre recueil fut publié à titre posthume. Il s' agit de Temps forts sorti chez Présence Africaine en 1966. Elle a également publié d'autres textes poétiques dans Révolution africaine (hebdomadaire créé à Alger en 1963 par le F.L.N.) et dans d'autres revues.

Anna Greki est l' une des premières femmes et surtout l' une des premières poétesses algériennes à avoir pris la parole. Elle choisit pour cela un pseudonyme, suivant ainsi une sorte de tradition inaugurée par Assia Djebar et qui se perpétue jusqu'à nos jours.

En même temps que son' engagement militant et volontariste, l' histoire personnelle de la poétesse est tracée dans une chronique morcelée de son enfance et de la vie dans le massif aurésien. L' attachement profond à la terre natale est plusieurs fois chanté, notamment dans un poème intitulé "Menaa" :

Mon enfance et les délices
Naquirent là
A Menaa - commune mixte Arris
Et mes passions après vingt ans
Sont le fruit de leurs prédilections
Du temps où les oiseaux tombés des nids
Tombaient aussi des mains de Nedjaï
Jusqu'au fond de mes yeux chaouïa."

Le vécu quotidien dans la terre natale, le tissage amoureux et tendre du quotidien justifient l' engagement politique; l' amour de la vie, des autres, des camarades, met en place une projection heureuse dans le futur malgré le présent entaché par la guerre, la violence et la haine :

Ce sera un jour pareil aux autres jours
Un matin familier avec des joies connues
Eprouvées parce qu'elles sont quotidiennes.

Dans ce cadre, la poésie se transforme en arme, en moyen de rétablir la justice et avec elle, une société plus humaine :

Avec des mots brûleurs du ciel
Avec des mots traceurs de route
Qui font du bonheur une question de patience
Qui font du bonheur une question de confiance.

Femme, elle est attentive à la lutte des militantes aux côtés de leurs maris, de leurs frères, de leurs pères. Elle décèle et met en avant la participation de ces femmes, même dans le silence et l' effacement imposé par la société :

Et ces femmes fières d'avoir le ventre rouge
A force de remettre au monde leurs enfants
A chaque aube, ces femmes bleuies de patience
Qui ont trop de leur voix pour apprendre à se taire.

Elle dit aussi le courage des mères, à travers des images saisissantes qui soulignent la persévérance de celles-là :

Forte comme une femme aux mains roussies d'acier
Tu caresses tes enfants avec précaution
Et quand leur fatigue se blesse à ta patience
Tu marches dans leurs yeux afin qu'ils se reposent

Triomphe et force de la femme, qui prend en charge en plus de son destin, celui de ses enfants. La poétesse est d'ailleurs très sensible à l' enfance qui l' entoure. Comme Jean Amrouche, elle lui prête une voix et elle dénonce sa condition durant la guerre et sa violence :

Colère devant l' enfant courant devant la guerre
Jusqu'aux frontières
Depuis sept ans sans s' arrêter
S' il ne se couche dans la terre

De facture libre, la poésie d'Anna Gréki laisse cependant entrevoir une maîtrise de la forme classique : les vers y sont présents même si elle s' en libère chaque fois que la nécessité d'un rythme interne dicté par la révolte ou le lyrisme de la célébration ou de la mémoire, se fait ressentir. Célébration de la jeunesse et de l' avenir, la poésie d'Anna Greki est un chant d'espoir tourné vers l' avenir.

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Kahwa o Latay ( Le café et le thé)

Publié le par fethiok



"Oh homme sensé, écoute mon histoire et comprend la !"
Par une belle matinée printanière de l’an mille dans la lumineuse ville de Cordoue, se présentèrent devant le juge, deux éternels rivaux ; le café et le thé. Il faut préciser qu’en arabe, le mot café se prononce : Qahwa qui est une connotation féminine.
Alors, dans cette sublime ville qu’était Cordoue, ville de la connaissance des sciences et des arts, ville où la civilisation musulmane était à son summum, ville éclairant l’Europe de son savoir, existait un juge très connu pour son impartialité et sa probité ; c’était le juge Omar Ben Haq.

Reprenons mon histoire, je vous narre la suite.
Toutes les franges de la société étaient présentes. La salle était pleine à craquer. Habits de soie et habits de toile, senteurs de jasmins émanant des belles andalouses et odeurs de sueurs se mélangeaient dans un énorme brouhaha. Toute la ville était là, personne ne voulait rater l’audience.

Soudain, le juge entra dans la salle, majestueux dans sa robe de satin, d’un vert olive, le turban posé fièrement sur la tête il prit place et intima à l’assistance, le silence. D’un signe de tête il ordonna aux deux protagonistes d’exposer leurs griefs.

EL Qahwa (le café) et le thé arrivés devant le Qadi (juge) le saluèrent par ces propos :
- Oh Qadi respectable, nous te considérons comme arbitre équitable, car tu es Incorruptible, tu ne te laisse acheter ni ne prend aucune décision à la légère, grâce au Seigneur, tu jugeras avec succès notre différent car DIEU t’a confié une partie de ses pouvoirs.

Le Cadi, agacé par tant de verbiages leur répondit en ces termes :
- Je vous écoute, trêve de bavardage, si vous avez quelque chose à dire, parlez sans inquiétude ; celui qui a raison l’emportera, et bien entendu, le perdant acceptera le verdict.
Le thé prit le premier la parole se faisant son propre avocat.

- Aujourd’hui, il est permis de me boire, dit ‘il, je n’ai rien de commun avec le vin, je suis la boisson des hommes honorables, en moi se trouve une vertu contre toutes les maladies que je rencontre à l’intérieur du corps de celui qui me boit. Je dissipe douleur et tristesse.

Continuant sa plaidoirie, le thé dit :
- Je facilite la digestion de tous les aliments lourds, je guéris les personnes souffrantes et aux hommes de bien, qui me boivent, j’apporte détente et repos.

- Je contiens un brin de fragrance de menthe et de gingembre. Pour me préparer on utilise une théière ressemblant à une tiare, posée sur un brasero rempli de braises ardentes et on utilise un plateau ciselé reposant sur un trépied en bois précieux sur lequel sont délicatement posés des verres aux couleurs chatoyantes ajoutant ainsi, à mon miroitement. Alors comment ? toi, servante, voilà que tu veux rivaliser d’éclat envers moi, lança t’il en direction d’El qahwa.

- Pourquoi élever le ton avec moi, tu n’es qu’une pauvre servante, après tout !
Tu ne procures ni extase, ni n’exhales aucun parfum, tu n’es pas digne des tasses de solennités et d’apparat, ce qui te convient, ce sont des tasses de pierre ou des bols d’argile vendus au poids, termina t’il ainsi sa longue diatribe

- DIEU récompensera tes injures comme il se doit, répliqua el qahwa, abrège tes propos et ne te proclame pas licite car c’est ma médecine à moi, qui est renommée, je guéris le malade de ses longues maladies. Aux hommes de bien qui me boivent, continua el qahwa, j’apporte détente et repos, je dissipe migraine et douleur.

Et les soirées avec moi peuvent durer longtemps, je facilite la digestion de tous les aliments lourds. Et, sarcastique, el qahoua dit au thé :
- Lorsque les veillées se multiplieront, oh esprit subtil, aucun courtier ne t’achètera au marché car tu es bon pour les chameaux et les bœufs puisque tu es pareil à l’indigo ; tu n’es qu’une herbe colorée.
Après avoir écouté attentivement les plaidoiries d’el qahoua et du thé, el cadi leur répondit, en lissant pensivement sa petite barbe blanche, en ces termes :
- Cessez, nobles gens ! Certes, vous êtes tous deux des remèdes efficaces, mais le thé possède des vertus plus nombreuses car toi ; el qahoua, tu es bon marché et accessible par tous, le thé, quant à lui est fait pour le divertissement des gens de bonne compagnie qui se savent se délecter de ce nectar béni. En effet, continua le cadi, le thé ajoute son charme à la quiétude et à la joie des réceptions, Dieu Tout Puissant l’a créé ainsi et l’a doté d’un aspect splendide.

 

 

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Dilem à Paris, Plantu à Alger

Publié le par fethiok

Plantu 3
Pour prolonger les expositions-rencontres de “Cartooning for Peace” organisées en 2011 en Algérie (Alger, Oran, Constantine), l’ambassadeur de France à Alger, Xavier Driencourt, a lancé l’idée de voir Plantu et Dilem échanger leurs crayons pour célébrer la liberté d’expression à l’occasion des 50 ans de l’Indépendance de l’Algérie.

Plantu 1

Plantu 2

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Alphonse-Étienne Dinet

Publié le par fethiok


Dinet 7
Alphonse-Etienne Dinet est né en 1861à Paris dans un milieu bourgeois. Son passage à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris fut couronné de succès. Médaille du Salon des Arts plastiques du Palais de l'Industrie (1884) qui lui accorde une bourse pour l'Algérie, pays qu'il avait déjà visité en 1883, et où il resta cette fois cinq ans. A son retour à Paris en 1889, il présente à l'Exposition Universelle une série de toiles réalisées à Bou-Saâda, ce qui lui vaut une médaille d'argent. Subjugué par la magnificence du Sud algérien, il entreprend, en 1905, un autre voyage, et s'installera à Bou-Saâda, pour vivre définitivement auprès de ses hôtes et de ses frères. Avec l'aide de son ami Slimane Ben Brahim Baâmar,il parcourt le désert et se familiarise avec les tribus nomades et bédouines, découvrant la tradition arabo-berbère. Ce qui le poussera à aimer puis à se convertir à l'Islam en 1913 en devenant Nacer-Edine Dinet. Ce choix provoque dans les milieux artistiques occidentaux désolation et rancune. Depuis, son nom sera inscrit sur la liste noire des artistes dits "ratés". Pourtant sa peinture figurative, légèrement impressionniste, mérite plus d’intérêt notamment pour son traitement de la lumière. Après un pèlerinage à La Mecque qu'il accomplit le 2 avril 1929, il meurt Le 24 décembre de la même année à Paris et sera inhumé le 12 janvier 1930 à Bou-Saâda.   

    Bou-Saâda mérite son nom plein de promesses; si le paradis est dans le ciel, certes il est au-dessus de ce pays, s'il est sur terre, il est au dessous de lui.

 

Ses femmes sont charmeuses par leurs paroles et leur beauté; coquettes dès leur premier âge, elles savent se parer, chanter et danser à ravir la raison...
Dinet 6

Dinet 1
Dinet 2
Dinet 3

 

Dinet 4

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