"Wajda"...et ses sœurs
Hier après midi, au cinéma le Mélies, j'ai eu l'immense plaisir d'assister au premier film saoudien réalisé par une femme: Haïfaa Al Mansour. Réalisatrice de 38 ans, diplômée de l'université américaine du Caire et de l'université de Sydney, a dû prendre des risques pour tourner à Ryad, communiquant parfois par talkie-walkie avec son équipe.
"Wajda" une petite fille rebelle rêvant d'une bicyclette dans le royaume où les femmes sont privées de droits..
Le film est réalisé par la première cinéaste saoudienne, Haifaa Al Mansour, et entièrement tourné en Arabie saoudite, pays où les cinémas sont interdits.
Avec ses baskets, son voile mal ajusté et son abaya dévoilant son jean, Wajda tente d'échapper au carcan des traditions et au strict règlement de son école de filles, régie comme une prison.
Ce film émouvant évoque également la condition des Saoudiens des classes peu favorisées, à travers la mère de Wajda, qui doit faire face aux tracasseries d'un chauffeur étranger pour pouvoir aller travailler, l'Arabie étant le seul pays où les femmes n'ont pas le droit de conduire.
Incapable d'avoir d'autres enfants, elle doit accepter en silence la décision de son mari, sous la pression de sa famille, de prendre une deuxième épouse pour avoir un fils.
Et ce soir, j’aurai le privilège d’assister en avant-première au film « Syngué Sabour » (Pierre de patience) film adapté du roman du même nom de l’écrivain et réalisateur afghan Atiq Rahimi qui sera présent à la projection.
"Au pied des montagnes de Kaboul, un héros de guerre gît dans le coma ; sa jeune femme à son chevet prie pour le ramener à la vie. La guerre fratricide déchire la ville ; les combattants sont à leur porte. La femme doit fuir avec ses deux enfants, abandonner son mari et se réfugier à l'autre bout de la ville, dans une maison close tenue par sa tante. De retour auprès de son époux, elle est forcée à l'amour par un jeune combattant. Contre toute attente, elle se révèle, prend conscience de son corps, libère sa parole pour confier à son mari ses souvenirs, ses désirs les plus intimes... Jusqu'à ses secrets inavouables. L'homme gisant devient alors, malgré lui, sa "syngué sabour", sa pierre de patience - cette pierre magique que l'on pose devant soi pour lui souffler tous ses secrets, ses malheurs, ses souffrances... Jusqu'à ce qu'elle éclate ! "