Échauffourées avec le supporters parisiens : tension au Stade des Alpes
Pour la première fois dans l'histoire du Stade des Alpes, Grenoble a donc fait connaissance hier avec les supporters du PSG... Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les 350 policiers et gendarmes mobilisés ont eu fort à faire pour canaliser les centaines d'"ultras" du club parisien, dont une partie non-négligeable avait choisi de faire le voyage par voiture. Dès le début de l'après-midi, ce sont ces "indépendants" (par opposition aux supporters venus à bord de cinq autocars) qui, après avoir laissé leurs véhicules sur le parking de l'Esplanade, ont déboulé en ville. Surveillés par les unités de la BAC et de la Sûreté urbaine, plusieurs dizaines d'entre eux ont fait halte dans des bars de l'avenue Félix-Viallet, non loin d'un autre établissement fréquenté habituellement par des supporters grenoblois.
Vers 15h 30, un premier incident s'est produit rue Félix-Poulat, dans l'hyper-centre, lorsqu'un jeune homme portant une écharpe aux couleurs du GF 38 a été attaqué par une vingtaine d'"ultras" parisiens, deux des agresseurs étant interpellés aux portes du
stade dans la soirée (lire ci-dessous).
Le deuxième incident s'est produit environ une heure avant le match lorsqu'un groupe d'une quarantaine de supporters parisiens armés de manches de pioche a mené une attaque commando contre les supporters grenoblois qui s'apprêtaient à entrer dans la tribune ouest, la tribune des Red Kaos. Plusieurs grenades lacrymogènes ont alors été tirées par les forces de l'ordre, qui sont parvenues à rétablir le calme. Plusieurs personnes ont été légèrement blessées dans l'affrontement, parmi lesquelles un jeune Grenoblois, victime d'une plaie à une oreille. Dans les minutes qui ont suivi, et alors que le calme était revenu, un mouvement de foule s'est soudain produit dans les files réservées à la fouille des supporters : les membres de la sécurité, appuyés par des gendarmes mobiles, ont alors passé un très mauvais moment, mais sont parvenus à serrer les rangs et à rétablir la situation.
En fin de match, alors que les abords du stade retrouvaient le calme, l'évacuation du millier de supporters parisiens retenus pendant environ une heure dans leur tribune a donné des sueurs froides aux équipes de Jean-Claude Borel-Garin, le patron de la police, et à celles de Jean Mouton, directeur de la sécurité du stade : ulcérés, après une heure d'attente, d'être contraints de quitter les lieux par vagues, des "ultras" parisiens ont tenté de forcer un cordon de CRS : les policiers les ont repoussés par du gaz lacrymogène. Vers 22h 30, les cinq cars quittaient les lieux sous haute escorte et les "indépendants" remontaient à pied jusqu'en ville, aucun incident n'étant signalé vers 23h 30. Bilan de la soirée : six blessés léger et six interpellations (cinq supporters parisien et un jeune Grenoblois) pour violences diverses. Cinq personnes se trouvaient toujours en garde à vue au commissariat central à l'heure où nous mettions sous presse.
Source:Dauphiné Libéré.