Un p'tit tour en Isère.

L'Isère est un département français. Il porte le numéro 38 dans la numérotation départementale française.
Le département tire son nom de l'Isère, affluent de la rive gauche du Rhône. Le terme proviendrait du celtique Isar, c'est-à-dire « fer », minerai qui devait sans-doute être abondant le long des rives de l'Isère à l'époque protohistorique. Une autre source pourrait être serpent, en référence aux méandres de l'Isère dans la vallée du Grésivaudan.
Au sein de la région Rhône-Alpes, l'Isère est le département le plus vaste et le deuxième en termes de population.
En tant que département, l'Isère a été créée à la Révolution française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d'une partie de l'ancienne province de Dauphiné.
Ses limites avec le département du Rhône furent plusieurs fois modifiées, notamment en 1852 (4 communes), en 1967 (23 communes) et en 1971 (1 commune), amputant l'Isère (qui s'étendait initialement jusqu'à Villeurbanne) de 421 km² et 466 000 habitants (1999).
Le conseil général de l'Isère est actuellement présidé par André Vallini (PS). Le département de l'Isère est divisé en 13 territoires avec une maison du conseil général sur chaque territoire afin d'apporter au plus près les services du Conseil général :
- Isère Rhodanienne (Vienne)
- Porte des Alpes (Bourgoin-Jallieu)
- Haut-Rhône dauphinois (Crémieu)
- Vals du Dauphiné (La Tour-du-Pin)
- Bièvre Valloire (Beaurepaire)
- Voironnais Chartreuse (Coublevie)
- Sud Grésivaudan (Saint-Marcellin)
- Vercors (Villard-de-Lans)
- Agglomération grenobloise (Grenoble, Meylan, Échirolles, Fontaine, Vizille)
- Grésivaudan (Domène)
- Oisans (Le Bourg-d'Oisans)
- Matheysine (La Mure)
- Trièves (Mens)
Le département a manifesté, à de maintes reprises, une personnalité politique originale, marquée notamment par l'influence des forces progressistes, puis de la gauche, dès la fin du XIXe siècle. On ne peut oublier que, quelque part, la Révolution française a un peu commencé avec la Journée des Tuiles où les envoyés du Roi de France se firent faire une ' conduite de Grenoble ' par les Dauphinois en colère...
Plus récemment, les rapports de forces politiques isérois ont connu une progressive inflexion vers la gauche, notamment à partir de l'expérimentation de la concertation locale à Grenoble, pendant le long mandat municipal de Hubert Dubedout. La représentation parlementaire du département est plus équilibrée que ne le sont les rapports de forces nationaux, avec 2 sénateurs de gauche sur 4 et une majorité de députés de gauche dans la représentation à l'Assemblée nationale. Cette situation n'est pas nouvelle. En 1967, sur les 7 députés représentant alors le département, 2 étaient des élus du PCF, 3 représentaient la FGDS (dont Pierre Mendès France), 2 seulement la majorité parlementaire d'alors. Lors des consultations présidentielles de 1974, 1981 et 1988, le candidat de la gauche (François Mitterrand) est toujours arrivé en tête au premier comme au second tour, passant même à deux reprises la barre des 55 % en 1981 et 1988. En 1995, Lionel Jospin est arrivé en tête au premier comme au second tour, mais avec une majorité plus faible (50,2 % seulement). Lors de la dernière élection présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy est arrivé en tête au second tour, obtenant en effet 335 314 voix et 52,1 % des suffrages contre 308 072 et 47,9 % à son adversaire Ségolène Royal. Celle ci est toutefois arrivée en tête à Grenoble avec plus de 58 % des suffrages. Cette situation inédite depuis trente ans pour les partis de droite n'a cependant pas empêché l'élection de 6 députés socialistes sur 9 lors des législatives de juin 2007. Les trois élus UMP du département le sont dans les arrondissements du Nord Isère (Vienne et La Tour-du-Pin) tandis que les députés PS sont élus dans les six circonscriptions issues du découpage de l'arrondissement de Grenoble.
Cette situation politique se retrouve d'ailleurs dans la répartition des sièges au conseil général puisqu'avant le renouvellement cantonal de 2008, les élus UMP et divers droite sont plus influents sur les deux arrondissements du Nord Isère. En effet, 6 des 11 cantons de l'arrondissement de la Tour-du-Pin et 5 des 8 cantons de l'arrondissement de Vienne sont détenus par l'UMP et ses alliés. Au contraire de l'arrondissement de Grenoble, où 25 des 39 cantons sont détenus par le PS, le PCF ou les Verts.
Dans un autre ordre d'idées, le département a connu une évolution sensible de son comportement lors des deux referenda européens de 1992 et 2005. Pour le traité de Maastricht, les Isérois avaient en effet dit Oui à 55,6 %. Lors de la consultation sur le Traité Constitutionnel Européen, ils ont par contre voté Non à 53,6 %, avec une majorité de près de 36 000 voix. Sur le plan local, outre le fait que la Gauche dispose de la majorité des élus du conseil général (33 sièges sur 58), elle a également obtenu la majorité des suffrages des Isérois lors des élections régionales de 2004 avec 235 719 voix et 52 % des votes.
Le département de l'Isère fait partie de la région Rhône-Alpes. Il est limitrophe des départements du Rhône, de l'Ain, de la Savoie, des Hautes-Alpes, de la Drôme, de l'Ardèche et de la Loire.
La ville principale du département est Grenoble, préfecture de 155 100 habitants (2005).
- Hydrologie
Un fleuve coule en Isère : Le Rhône délimite au nord la frontière naturelle avec l'Ain, à l'ouest avec le Rhône et l'Ardèche. Une rivière importante, l'Isère, qui a donné le nom au département, le traverse en sa partie centrale, notamment via la vallée du Grésivaudan (ou Graisivaudan).
Ce département est très contrasté, avec :
- au Nord, Les Terres Froides, le plateau calcaire de l'Isle Crémieu au bord du Rhône et au pied du Jura
- à l'ouest, la vallée du Rhône au pied du Massif Central
- à mi-distance entre Grenoble et Lyon : la plaine de la Bièvre, les Chambarans, le pays de Valoire et le Pays Voironnais,
- au centre-est le massif de la Chartreuse,
- au centre l'axe Nord-Sud constitué par la vallée du Graisivaudan -Grésivaudan), morceau du sillon alpin qui mène de Grenoble à Chambéry.
- sur la rive gauche de l'Isère les massifs de Belledonne, des Grandes Rousses, des Écrins (point culminant du département à 4 088 m au Pic Lory, antécime de la Barre des Écrins, 4 102 m, elle-même située dans le département des Hautes-Alpes) et du Vercors à l'Ouest.
L'Isère est soumise à un climat très diversifié selon l'altitude et l'exposition, se mêlent les influences atlantique, continentale, alpine et aussi méditerranéenne dans le Sud du département. Une partie du département connaît un climat montagnard marqué en raison de l'altitude élevée, jusqu'à plus de 4000 mètres d'altitude dans le massif des Écrins.