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Articles avec #politique tag

Raffarin à Alger le 1er février

Publié le par fethiok




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La prochaine escale de Raffarin dans la capitale algérienne a pour priorité de faire avancer le partenariat entre les deux pays.

L'ancien Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin, foulera le sol algérien le 1er février prochain. Il sera à Alger en sa qualité d'envoyé spécial du président français, Nicolas Sarkozy. Cette nouvelle visite s'articulera autour de grands dossiers et projets de partenariat entre les deux pays. Elle fait suite à un échange de courrier entre les Premiers ministres français, François Fillon, et algérien, Ahmed Ouyahia, selon l'entourage de M.Raffarin, dont le dernier séjour à Alger remonte à mai dernier lors d'un forum réussi de quelque 600 chefs d'entreprise français et algériens.

Un rendez-vous inédit que les observateurs de l'actualité économique ont décrit alors comme étant un événement majeur qui a contribué à un nouveau rapprochement entre les entreprises algériennes et françaises. Aussi, la prochaine escale de M.Raffarin dans la capitale algérienne a pour priorité de faire avancer le partenariat entre les deux pays, affirment d'ores et déjà des sources diplomatiques.

Cette énième mission, qui fait suite à un travail qui a commencé au moins le dernier trimestre 2010, renforcera le mécanisme de suivi croit-on savoir, pour développer ce même partenariat et les projets d'investissements algéro-français.
Les deux parties veulent mettre en place des projets structurels, notamment sur les trois dossiers de Renault (voitures particulières), Lafarge (cimenterie) et Total (construction d'un vapocraqueur d'éthane).

Ces trois «gros dossiers» considérés comme «stratégiques» dans le partenariat franco-algérien n'ont toujours pas été conclus et avancent lentement, dit-on aussi bien dans l'entourage de l'ancien Premier ministre français que celui de l'actuel Premier ministre algérien.

Ainsi, le fameux projet de l'usine Renault restait avant l'été en négociation, sur les aspects commerciaux pour produire 150.000 voitures en Algérie. Ce dossier semble encore souffrir particulièrement de complications, ce qui a fait presque dire à des observateurs que ce dernier souffrirait de blocages délibérés, surtout que la marque au losange demeure leader sur le marché algérien de par les ventes records que réalise sa filiale sur le marché local.

En 2011, Renault a vendu 75 000 véhicules, dont les deux tiers pour la seule marque Renault, le reste pour Dacia. Cela représente une hausse de 24,6% par rapport à l'année 2010, constate-t-on. Or, l'engouement des Algériens pour cette marque française n'a pas eu l'écho escompté et l'Algérie continue d'être perçue par ce géant mondial de l'automobile sous l'angle restrictif de grand marché de consommateurs, Renault ayant toujours préféré le Maroc à l'Algérie en matière de création d'usines. L'autre dossier dans l'escarcelle de M.Raffarin est celui du projet avec Lafarge, qui a élargi le champ de son partenariat avec le groupe public Gica, notamment dans le béton prêt à l'emploi.

Enfin, Total Pétrochimie s'était mis d'accord avec le groupe public des hydrocarbures Sonatrach, notamment pour un projet de vapocraqueur d'éthane à Arzew, à Oran.

Les deux parties veulent également investir dans la formation professionnelle en Algérie et mettre en place une filière industrielle en direction de la jeunesse. Les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint en 2010 quelque 10,5 mds de dollars. Au plan international, l'Algérie demeure le 3e client hors Ocde, derrière la Chine et la Russie.

Destinataire de 37% d'exportations françaises vers la zone Maghreb-Egypte et de 20% des exportations vers l'Afrique, elle est également le premier partenaire commercial de la France à l'export au sein de ces deux blocs, selon la mission commerciale française en Algérie.

Source: L'expression

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Le patron de Nessma TV, Nebil KAROUI, devant les juges ce matin

Publié le par fethiok

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Pour rappel, une plainte contre Nessma avait été déposée quelques jours après la diffusion par un collectif de plus d'une centaine d'avocats, auquel se sont ensuite greffés des associations ou des particuliers.

Un autre salarié de la chaîne et le responsable de la traduction du film en dialecte tunisien du film franco-iranien de Marjane Satrapi, primé à Cannes en 2007, sont poursuivis dans la même affaire.

Serein, le directeur de Nessma TV estime que “ce procès n'aurait jamais dû avoir lieu. Mais ce sera un test pour la liberté d'expression et la démocratie en Tunisie”, tout en réaffirmant sa détermination à se défendre en ajoutant : “Je suis combatif, on va se défendre et on espère être relaxés.” Il faut croire qu’il est soutenu dans cette épreuve, notamment par l’organisation Amnesty International, qui a appelé samedi à l'arrêt des poursuites contre le patron de  Nessma TV les qualifiant d’“affront à la liberté d'expression”. Plusieurs ténors du barreau, dont l'avocate militante des droits de l'Homme, Radhia Nasraoui, devraient plaider lundi pour Nessma, et des observateurs d'ONG internationales seront présents.

Dénonçant une “manipulation des extrémistes”, Nabil Karoui s’est indigné en soulignant que “personne n’a vu ce film ! Il a fait entre 1,5 et 2% d'audience ! Et on veut nous faire croire que toute la Tunisie a été choquée”.

De l’autre côté, quelque 35 avocats seront à la barre pour réclamer une condamnation “au moins par principe”. C’est l’avis de Me Anouar Ouled Ali, membre de l'association tunisienne des jeunes avocats, proche des islamistes, qui a déclaré : “Tout le monde est libre de dire ce qu'il pense, mais il ne faut pas attaquer les croyances religieuses, ce film était très choquant pour une société tunisienne musulmane à plus de 99%”. Interrogé sur le fait que le film avait déjà été diffusé en salles en Tunisie sans soulever la moindre protestation, l’avocat a répondu que la diffusion à la télé et en dialecte tunisien avait touché un public beaucoup plus important.

Ceci étant, le jugement pourrait être mis en délibéré, selon une source judiciaire, qui évoque la “situation délicate” en Tunisie, où les pressions salafistes s’accroissent dans un contexte de grave crise sociale. Voir aussi article du 15/10/2011 sur ce blog.

Source Liberté



 

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L'œil de Plantu et Dilem

Publié le par fethiok

dilem 1
Plantu 4 


Et de Hic, aussi...
hic

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Le Vert dans la Rose

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Joly 1

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Après le printemps arabe,voici venu l'automne islamiste

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DILEM isla
Hic Tenue

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Hassi Messaoud, les secrets (bien cachés) de l'or noir

Publié le par fethiok

L'histoire d'une famille dépossédée de sa terre et de son or noir...  

C’est comme dans les anciens mythes de l’humanité ou du Texas: un jour de l'année 1917, un berger audacieux arrive au centre d’un Sahara algérien sans fin et sans intérêt. Il y cherche de l’eau pour son troupeau. Il creuse un puits, trouve de l’eau mais aussi une substance noire et visqueuse. Du pétrole. Un siècle plus tard, 600 Algériens tiennent un sit-in près de ce puits et demandent l’héritage de leur ancêtre. Il s’appelle Messaoud et la ville s’appelle Hassi Messaoud, capitale du pétrole algérien, à 850 km au sud-est d’Alger.

La famille «Dallas la plus pauvre d’Algérie»
L’info commence à provoquer l’attention des médias algériens depuis quelques jours: on en parle, au début avec humour, puis avec beaucoup plus de gravité et de sérieux. L’enjeu est en effet énorme: A qui appartient vraiment le pétrole algérien? A tous les Algériens? A la France qui y a creusé les premiers forages les années 1950? A Messaoud l’ancêtre de cette ville dite «vache laitière» de l’Algérie? Ou aux 600 de ses descendants qui possèdent tous les papiers preuves de leur droit de jouissance sur les quelques 4 kilomètres carré de l’endroit? Ou aux grands majors pour qui Messaoud l’algérien restera un berger anonyme et sans cotation en bourse?

 

Depuis quelques jours, les 600 Messaoud sont en sit-in permanent près du fameux puits qui a donné son nom à la fausse ville: Hassi Messaoud. Traduire, le «Puits de Messaoud» creusé par le Père de tous, mort en 1924. Ce qu’ils veulent? Pas le pétrole.

«Le pétrole est une richesse nationale, nous ne demandons pas sa privatisation. Nous réclamons la reconnaissance de notre droit comme légitimes propriétaires de ces terrains et de nous accorder des droits comme tous les autres Algériens» expliquera à un journal Mohammed, le porte parole du clan.

Ils sont propriétaires historiques et légaux des 4 kilomètres carré de l’endroit le plus riche d’Algérie, avec le gisement de pétrole le plus énorme d’Afrique.

«Et pourtant en tant que légitimes propriétaires de ces terrains, nous sommes marginalisés dans toute la région. Sur les 600 personnes descendantes de Messaoud, seules 6 personnes travaillent dans les compagnies pétrolières. Le reste travaille dans le secteur privé. Nous sommes méprisés. A cela s’ajoute l’obstacle de la construction, ils nous interdisent de construire sous prétexte que c’est une région pétrolière, mais en revanche, on laisse des «barons» accaparer des terrains et construire des parkings en dépit de cette même loi. S’il s’agit d’une région interdite à la construction, ils doivent l’appliquer sur tout le monde, s’il y a un besoin de construire des parkings et des bases de vie, nous sommes prioritaires» plaide le dernier des Messaoud.

 600 Messaoud et quelques dinars
Les Messaoud ne veulent pas le pétrole, mais seulement la terre, en surface, et un régime de priorité pour le recrutement des porteurs de noms dans le seul secteur à gros salaire dans la région, celui des hydrocarbures. Le pétrole a été découvert sur leurs terres mais ils sont restés pauvres, au chômage et à l’ombre de l’histoire. La propriété du pétrole, principale richesse du pays, et unique poumon de l’économie algérienne reste donc un tabou. L’indépendance de 1962 a consacré l’égalitarisme et la propriété «du tout par tous» pour éviter les réclamations du genre. En effet, qui sera, après l’indépendance, le propriétaire de la richesse ou de la terre? Le chef de guerre tribal que la France a exproprié en 1870 et dont les descendants sont encore là, ou le Moudjahid qui a survécu après la guerre d'Algérie? Ou le colonel qui a négocié avec De Gaulle? C’est l’un des plus grands blocages de la propriété foncière en Algérie et il n’a pas encore été surmonté 50 ans après.


Les accords d’Evian sans les Messaoud
La question s’est posée un peu autrement pour le pétrole algérien. Les négociations d’Evian, clefs des accords ayant mené à conclure l’Indépendance algérienne, avaient buté sur le dossier du Sahara. Dès l’année 1956, la société française SN REPAL découvre du pétrole dans les sous-sols de la région avec des gisements qui se révèleront fabuleux. Un Eldorado en naitra très vite et autour de la margelle blanche posée par Messaoud, repère dit-on des caravaniers et signe encore visible de l’eau du puits aujourd’hui à sec, une ville se construit. Dès 1958, l’exploitation commence et avec elle le rush des chercheurs d’or, leurs familles, leurs administrations, leurs piscines et leurs villas et leurs kiosques et cafés.    

Les oubliés de la nationalisation

«Les colons, à l’époque, reconnaissaient que nous sommes les propriétaires de ces terres. Des actes de propriété existent» affirment Mohammed Messaoud, dans les journaux algériens.

Une ville–champignon y verra donc le jour et la population y explosera passant de quelques centaines de nomades à des milliers de sédentaires. L’enjeu était énorme pour la sécurité énergétique de la France, mais la France finira par perdre la partie: le 24 février 1971, le pétrole d’Hassi Messaoud est nationalisé par Houari Boumediene et Hassi Messaoud deviendra algérienne et les Messaoud ne diront rien et n’auront rien, encore une fois.

 

Petite anecdote, la nationalisation sera poussée jusqu’au détail: le 15 juin ou le 27 Juillet 1956 à 15 heures sur le camp MD1 (MD pour Messaoud), un français, Jean Riemer a fait jaillir pour la première fois du pétrole à Hassi Messaoud, raconte-t-on. Un feu se déclara sur les lieux et provoquera une explosion qui brulera gravement le pionnier. Rapatrié en urgence à Alger par avion, Riemer mourra de ses blessures quelques jours plus tard. On raconte aussi qu’une «plaque dédiée à son souvenir fut fixée au puits N° 1 de Hassi Messaoud et qu’en 1962 cette plaque sera enlevée, après l'indépendance du pays.». Le même destin réservé à Messaoud, le père.
   
Le Puits est à sec, mais l’argent coule

Nationalisé, le pétrole de Hassi Messaoud appartiendra donc à tous les Algériens. Pour les Algériens, il y a cependant des détails au bas de l’acte de propriété: Sonatrach reste l’unique société publique, détentrice des droits d’exploitation, de recherche ou de commercialisation de l’or noir et du gaz algérien. Les Messaoud n’y ont pas plus de droits que les autres Algériens. Hassi Messaoud deviendra cependant, au fil des décennies, un enjeu d’or et une mine d’argent, autrement que par le pétrole. Sonatrach y fera déménager ses cadres et ses pôles dès les années 1980 et y érigera des milliers de chalets et de grosses bases de vies pour ses employés. La petite commune de la préfecture de Ouargla, gérée par une mairie modeste deviendra aussi la capitale des plus gros salaires algériens et des emplois les mieux rémunérés dans le seul secteur producteur de richesse de l’Algérie.

La destination attirera sur la ville des flux migratoires internes qui deviendront ingérables durant la guerre civile des années 1990. Autour de la coupole blanche du puits de Messaoud, on retrouvera donc les Messaoud de plus en plus exclus de la rente, les cadres du nord venus en colonies de peuplement, les habitants des autres régions du pays venus chercher du travail et des contrats, les multinationales et, enfin, les premiers bidonvilles. El Haïcha, la bête sera le bidonville le plus célèbre, à cause d’une expédition punitive contre des femmes en juillet 2001.    

El Haïcha, la bête immonde

Dès les années 1990, la grosse capitale est devenue en effet le pays rêvé des chômeurs algériens et des chômeuses algériennes aussi. On retrouve donc à Hassi Messaoud, les traces de la femme de Messaoud, la femme cadre, la femme secrétaire, la femme épouse de cadre, la femme de ménage, la femme cuisinière et la femme qui cherche à s’en sortir. Cela induit des situations de vie où les femmes vivent seules et sont donc passibles de l’inculpation pour crime de mœurs et soupçon sur la bonne conduite. Le vendredi 13 juillet 2001, le prêche d’un imam contre les femmes «de mœurs légères» car vivant simplement seules, provoque une réaction de foule et une attaque barbare contre les quartiers des femmes à Hassi Messaoud.

Viols, violences, rapts et agressions à l’arme blanche feront la loi pendant des heures à El Haïcha, le quartier. «L’épuration», malgré l’intervention de la police, sera réédité le lendemain et dans d’autres villes pétrolières du sud algérien. On dénombrera des dizaines de victimes, mais l’affaire sera un peu étouffée au Nord. De procès en faux procès, seuls 6 agresseurs seront jugés, faisant face à 3 femmes, les autres victimes ayant cédé aux menaces et aux intimidations. Ce drame a fait l'objet d'un film, sorti en 2008: Vivantes! de Saïd Ould Khelifa. En 2010, deux des victimes, Rahmouna Salah et Fatiha Maamoura, publient un récit: «Laissées pour mortes, le lynchage des femmes de Hassi Messaoud», Editions Max Milo. Là aussi, les Messaoud n’y pouvaient rien.

Nouvelle ville, clef en main
Hassi Mesaoud, outre son statut de capitale du pétrole, des multinationales, du chômage ou des épurations sexistes, est aussi la manne d’or des appels d’offres internationaux, trop juteux pour être honnêtes. En 2006, le gouvernement algérien décide d’y créer une nouvelle ville, une sorte de New Hassi Messaoud. Le projet est énorme, colossal et prévoit un budget de géant: presque 6 milliards de dollars pour faire de ce puit de caravaniers, devenu un bidonville pétrolier, une vraie ville moderne. La ville du futur restera cependant une promesse. Jusqu’en 2010, le projet reste dans les tiroirs, frappé du sceau de la suspicion et des enquêtes après l’éviction du ministre algérien du pétrole, Chakib Khellil, et les enquêtes lancées autour du staff dirigeant du groupe Sonatrach. Il faut attendre donc 2015 pour voir cette ville naitre de l’actuel désert, promettent encore une fois les autorités algériennes. Le projet est en effet confié à de grands groupes étrangers avec un schéma d'aménagement destiné à abriter une population de 80 000 habitants sur 4483 hectares dont 3205 pour l'urbanisation et l'aménagement. Un gros projet donc et là aussi, les enfants de Messaoud ne sont pas associés.    

Messaoud veut sa terre

Du coup, après la découverte de l’eau par Messaoud, celle du pétrole par Jean Riemer, du nationalisme par les nationalisations du Président Houari Boumediene, du califat wahabites par l’imam qui a appelé à lyncher les femmes du quartier El Haïcha et de la nouvelle ville par les futurs constructeurs de villes sur commande, on redécouvre les 600 héritiers de Messaoud. Que veulent-ils? Pas qu’on leur rende le pétrole, mais seulement de la terre, un peu de respect, du travail pour les descendants de Messaoud. Le clan est donc en sit-in depuis quelques jours au centre même de l’endroit le plus riche d’Algérie.

«Nous avons adressé des lettres aux autorités locales, au ministère de l’Intérieur, aux services du Premier ministre et même à la présidence de la République. Malheureusement, aucune suite n’a été donnée à nos doléances. C’est pour cela que nous avons opté pour les sit-in devant le Premier puits de Messaoud qui devait être classé site historique » conclu le représentant de la tribu.

Jusqu’à quand? «Nous sommes déterminés à aller loin dans nos actions, c’est une question de dignité familiale. Voir des gens construire sur les terres de vos ancêtres, sans notre accord, touche à l’honneur de la famille». Les Messaoud sont donc de retour. Accompagné des milliers de chômeurs de la région, devenu aussi capitale des chômeurs militants de l’Algérie pétrolière.

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OTAN en emporte Kadhafi

Publié le par fethiok

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Gilad Shalit, Salah Hamouri : même combat ?

Publié le par fethiok

 

 

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Le soldat franco-israélien et le militant franco-palestinien n'ont pas bénéficié du même traitement en France après leur emprisonnement.

Un "immense soulagement". Voilà comment la libération de Gilad Shalit a été accueillie par Nicolas Sarkozy, qui a pris le soin d'écrire au soldat franco-israélien, pris en otage pendant cinq ans par le Hamas à Gaza, une lettre décrivant le "bonheur" et l'"émotion" des Français. Dès le lendemain, le président français demande avec "insistance" qu'un autre binational, le Franco-Palestinien Salah Hamouri, fasse "partie de la seconde vague de libération de prisonniers palestiniens". Or, le même jour, interrogé sur ce cas à la radio, le ministre de la Défense Gérard Longuet avoue à la surprise générale "découvrir sa situation", arguant que "personne n'est parfait". Comme un symbole du silence qui entoure le cas de ce Franco-Palestinien emprisonné en Israël depuis 2005.

C'est la première fois que Nicolas Sarkozy prononce le nom de mon fils en sept ans", s'émeut Denise Hamouri, mère de Salah. "Mais cette phrase n'a pas de sens et demeure même contre-productive. Mon fils doit sortir de prison le 28 novembre prochain. Pourquoi devrait-il attendre le 18 décembre et la seconde vague de libération de prisonniers ? D'après une source proche du dossier, c'est le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qui aurait demandé à son homologue français d'évoquer le cas du Franco-Palestinien, lors de sa visite en France le 14 octobre dernier.

Aucune preuve

Né à Jérusalem, d'un père palestinien et d'une mère française, Salah Hamouri fait partie des 270 000 Palestiniens habitant Jérusalem-Est, où il vivait grâce à un titre de résident. Profondément attaché à sa patrie, le Palestinien n'a pas demandé la nationalité israélienne à laquelle il pouvait prétendre, et qui lui aurait permis de bénéficier du statut privilégié des 20 % d'Arabes que compte l'État hébreu. Étudiant en sociologie à l'université de Bethléem, Salah Hamouri préfère, lui, militer. "En Palestine, tous les étudiants sont plus ou moins engagés politiquement", explique sa mère. Cet engagement lui vaudra deux incarcérations. Au lycée, le jeune homme est arrêté trois mois pour propagande politique : il avait en fait collé des affiches militantes. Rebelote en 2004. Il est cette fois arrêté pour avoir fréquenté un activiste recherché.

Mais sa vie bascule le 13 mars 2005. Sur la route de Ramallah, le jeune homme de 19 ans est arrêté par les forces de sécurité israéliennes. Une dénonciation anonyme affirme que le Franco-Palestinien est passé de nuit en voiture devant le domicile du rabbin Ovadia Yossef, chef spirituel du parti Shass (ultraorthodoxe séfarade). Celle-ci est confirmée par les caméras de surveillance de la maison. Très vite, Salah est accusé d'avoir participé à un complot visant à assassiner le religieux. Pourtant, l'acte d'accusation révèle un complot "loin de la réalisation" avec "des éléments essentiels manquants" pour qu'il puisse être exécuté. La source anonyme ainsi que des prisonniers palestiniens appelés à témoigner accusent également le jeune homme d'appartenir à un mouvement de jeunesse proche du Front populaire de libération de la Palestine, organisation considérée comme terroriste par Israël. "Il est nécessaire, pour expliquer la sévérité de la peine, de rappeler le contexte sensible : nous sommes seulement quelques années après la seconde Intifada", explique une source proche du dossier. Pourtant, l'accusation portée contre le Franco-Palestinien ne repose sur aucun autre élément.

Curieux "arrangement"

Après trois ans d'incarcération sans jugement, Hamouri se voit proposer un "arrangement". Les quatorze années de réclusion criminelle que risque le jeune homme seront réduites s'il plaide coupable. "C'est la règle pour 90 % des détenus palestiniens dans les prisons militaires israéliennes qui, en plaidant coupable, s'évitent une trop grosse peine", indique notre source. Salah Hamouri accepte, et le 17 avril 2008, il est condamné à sept ans de prison. "Il a été condamné sur la base de ses propres aveux", indique Yigal Palmor, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères. "S'il est convaincu de son innocence, pourquoi Salah Hamouri n'a-t-il pas interjeté appel auprès de la Cour suprême ? Pourquoi n'a-t-il pas demandé l'amnistie du président ?" demande-t-il.

Selon l'acte de condamnation, le "tribunal reconnaît une peine anormalement élevée, car l'accusé n'a pas exprimé de regrets. (...) Cela est d'autant plus grave que celui-ci est jeune." "Salah ne pouvait regretter quelque chose qu'il n'avait pas commis", s'insurge Denise Hamouri. La mère rappelle qu'un appel ne peut être interjeté après un tel arrangement.

Indifférence de la France

Face à ce qu'elle considère comme un "délit d'intention", Denise Hamouri s'est lancée en France, en compagnie du député honoraire communiste Jean-Claude Lefort, dans une campagne pour obtenir la libération de son fils. Mais elle a vite déchanté. "Gilad Shalit et Salah Hamouri n'ont pas été traités sur un pied d'égalité", estime-t-elle. La femme en veut pour preuve les nombreuses visites à l'Élysée de Noam Shalit, le père du soldat franco-israélien, tandis qu'elle a dû se battre pour décrocher deux rendez-vous avec des conseillers de Nicolas Sarkozy. "On m'a fait comprendre qu'il fallait que je sois discrète", souligne-t-elle. "La France n'a eu de cesse de répéter qu'elle n'intervenait pas dans les procédures judiciaires d'autres pays", rappelle Jean-Claude Lefort. "Mais pourquoi ce principe n'a-t-il pas été respecté concernant Florence Cassez au Mexique ?"

La presse non plus ne s'est pas passionnée pour le cas de Salah Hamouri. "Nous avons effectué beaucoup de démarches en direction des médias, qui n'ont eu que très peu de retombées", constate Jean-Claude Lefort. La seule intervention notoire vient de François Cluzet. Invité sur le plateau du 13 heures de France 2 en novembre 2009, l'acteur français a affirmé que le Franco-Palestinien était incarcéré pour "délit d'opinion", provoquant une vive réaction du Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme, qui a saisi le CSA. "En France, on est accusé d'antisémitisme dès lors que l'on critique la politique des dirigeants israéliens", déplore Jean-Claude Lefort. "Il existerait donc plein d'antisémites en Israël", ironise-t-il. Selon Yigal Palmor, Salah Hamouri a bénéficié d'un avocat lors de son jugement, et a eu accès sans limites à ce que la justice israélienne met à disposition de tout accusé : visite médicale et familiale, tout ce dont a été privé Gilad Shalit. Pour le porte-parole, "comparer les deux cas relève de l'ignorance inexcusable ou d'une volonté manifeste de manipulation".

Grève de la faim

Le 27 septembre dernier, Salah Hamouri a entamé une grève de la faim dans sa prison de Guilboa (nord d'Israël). Se joignant à d'autres détenus palestiniens, il proteste contre le durcissement de leurs conditions de détention depuis l'enlèvement du soldat Shalit en 2006. Les prisonniers obtiennent gain de cause, mais les autorités transfèrent le Franco-Palestinien à l'isolement, puis dans la prison de Shatta, sans possibilité de voir sa famille, son avocat, ni même le consul de France jusqu'au 5 novembre suivant. "La vie n'est gaie pour personne en prison, et Salah Hamouri n'a pas bénéficié d'un traitement particulièrement mauvais", estime pour sa part Yigal Palmor.

Une dernière menace se dresse sur le chemin de Salah Hamouri. Une ancienne loi israélienne, remise à jour depuis la prise d'otage de Shalit, offre la possibilité à la justice militaire de convertir au cours d'une peine les années administratives (345 jours) en années civiles (365). Dès lors, le Franco-Palestinien pourrait devoir passer 140 jours supplémentaires en prison. Et sa mère de formuler une dernière demande : "Puisque la France n'a pas pu ou pas voulu aider pour notre fils pendant tant d'années, nous lui demandons de faire en sorte qu'il sorte le 28 novembre, à la date prévue."

In le Point



 

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Hamas /Israël: L'échange:

Publié le par fethiok

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Commémoration du 17 octobre 1961 à Grenoble

Publié le par fethiok

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Nous étions environ 500 personnes pour le combat contre l'OUBLI.

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