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Omar Ibn Ibrahim El Khayyâm (9)

Publié le par fethiok

CXXXIII

L'aurore ! Bonheur et pureté ! Un immense rubis scintille dans chaque coupe. Prends ces deux branches de santal. Transforme celle-ci en luth, et embrase l'autre pour qu'elle nous parfume.
CXXXIV

Las d'interroger vainement les hommes et les livres, j'ai voulu questionner l'urne. J'ai posé mes lèvres sur ses lèvres, et j'ai murmuré : "Quand je serai mort, où irai-je ?", Elle m'a répondu : "Bois à ma bouche. Bois longtemps. Tu ne reviendras jamais ici-bas."
CXXXV

Si tu es ivre, Khayyâm, sois heureux. Si tu contemples ta bien-aimée aux joues de rose, sois heureux. Si tu rêves que tu n'existes plus, sois heureux, puisque la mort est le néant.
CXXXVI

Je traversais l'atelier désert d'un potier. Il y avait au moins deux mille urnes, qui parlaient tout bas. Soudain, l'une d'elles cria: "Silence ! Permettez à ce passant d'évoquer les potiers et les acheteurs que nous étions..."
CXXXVII

Vous dites que le vin est le seul baume ? Apportez-moi tout le vin de l'univers ! Mon cœur a tant de blessures... Tout le vin de l'univers, et que mon cœur garde ses blessures !
CXXXVIII

Quelle âme légère, celle du vin ! Potiers, pour cette âme légère, faites aux urnes des parois bien lisses ! Ciseleurs de coupes, arrondissez-les avec amour, afin que cette âme voluptueuse puisse doucement se caresser à de l'azur !
CXXXIX

Ignorant qui te crois savant, je te regarde suffoquer entre l'infni du passé et l'infini de l'avenir. Tu voudrais planter une borne entre ces deux infinis et t'y jucher... Va plutôt t'asseoir sous un arbre, près d'un flacon de vin qui te fera oublier ton impuissance.
CXL

Une autre aurore ! Comme chaque matin, je découvre la splendeur du monde et je m'affige de ne pouvoir remercier son créateur. Mais, tant de roses me consolent, tant de lèvres s'offrent aux miennes! Laisse ton luth, ma bien-aimée, puisque les oiseaux se mettent à chanter.
CXLI

Contente-toi de savoir que tout est mystère : la création du monde et la tienne, la destinée du monde et la tienne. Souris à ces mystères comme à un danger que tu mépriserais. Ne crois pas que tu sauras quelque chose quand tu auras franchi la porte de la Mort. Paix à l'homme dans le noir silence de l'Au-delà !
CXLII

Au milieu de la prairie verte, l'ombre de cet arbre ressemble à une île. Passant, reste où tu es, là-bas ! Entre la route que tu suis et cette ombre qui tourne lentement, il y a peut être un abime infranchissable.
CXLIII

Que ferai-je, aujourd'hui ? Irai-je à la taverne ? Irai-je m'asseoir dans un jardin, ou me pencherai-je sur un livre? Un oiseau passe. Où vat-il ? Je l'ai déjà perdu de vue. Ivresse d'un oiseau dans l'azur torride ! Mélancolie d'un homme dans l'ombre fraîche d'une mosquée !
CXLIV

Un peu plus de vin, ma bien-aimée ! Tes joues n'ont pas encore l'éclat des roses. Un peu plus de tristesse, Khayyâm ! Ta bien-aimée va te sourire.
CXLV

Notre univers est une tonnelle de roses. Nos visiteurs sont les papillons. Nos musiciens sont les rossignols. Quand il n'y a plus ni roses, ni feuilles, les étoiles sont mes roses et ta chevelure est ma forêt.
CXLVI

Serviteurs, n'apportez pas les lampes puisque mes convives, exténués, se sont endormi. J'y vois suffisamment pour distinguer leur pâleur. Étendus et froids, ils seront ainsi dans la nuit du tombeau. N'apportez pas les lampes, car il n'y a pas d'aube chez les morts.
CXLVII

Quand tu chancelles sous le poids de la douleur, quand tu n'as plus de larmes, pense à la verdure qui miroite après la pluie. Quand la splendeur du jour t'exaspère, quand tu souhaites qu'une nuit défnitive s'abatte sur le monde, pense au réveil d'un enfant.
CXLVIII

Je dissimule ma tristesse, puisque les oiseaux blessés se cachent pour mourir. Du vin ! Écoutez mes plaisanteries! Du vin, des roses, des chants de luth et ton indifférence à ma tristesse, bien-aimée !
CXLIX

Seigneur, tu as placé mille pièges invisibles sur la route que nous suivons, et tu as dit : "Malheur à ceux qui ne les éviteront pas !" Tu vois tout, tu sais tout. Rien n'arrive sans ta permission. Sommes-nous responsables de nos fautes ? Peux-tu me reprocher ma révolte ?
CL

J'ai beaucoup appris et j'ai beaucoup oublié aussi, volontairement. Dans ma mémoire, chaque chose était à sa place. Par exemple, ce qui était à droite ne pouvait aller à gauche. Je n'ai connu la paix que le jour où j'ai tout rejeté avec mépris. J'avais enfin compris qu'il est impossible d'affirmer ou de nier.
CLI

J'ai eu des maitres éminents. Je me suis réjoui de mes progrès, de mes triomphes. Quand j'évoque le savant que j'étais, je le compare à l'eau qui prend la forme du vase et à la fumée que le vent dissipe.
CLII

Pour le sage, la tristesse et la joie se ressemblent, le bien et le mal aussi. Pour le sage, tout ce qui a commencé doit finir. Alors, demande-toi si tu as raison de te réjouir de ce bonheur qui t'arrive, ou de te désoler de ce malheur que tu n'attendais pas.
 

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•-~·*'Ś Ő Ń Ŷ Á'*·~-• 31/07/2011 22:19


je viens tout juste d'arriver

je passe te faire un ptit kikoo rapide

passe une très belle soirée

ti bo



•-~·*'Ś Ő Ń Ŷ Á'*·~-•


bernard 31/07/2011 15:28


Quel homme n'a jamais transgressé Ta loi, dis?
Une vie sans péché, quel goût a-t-elle, dis?
Si tu punis le mal que j'ai fait par le mal,
Quelle est la différence entre toi et moi, dis?

Omar Khayyâm

Bonne soirée.


Sourour Hyba Oum Loubna wa Nezha 31/07/2011 14:29


Sebhan Allah quelle télépathie j'allais venir sur ton blog te présente joyeux ramadan saha sala wa koul khair
ainsi que toute la famille mais tu m'as devancé
Que ce mois te soit de piété et protection aisni qu'à toute la famille


mamalilou 31/07/2011 02:12


je le garde en mémoire ce billet, pour retrouver ces mots plus facilement...
merci à toi
belle nuit te souhaite


Mitsuko 30/07/2011 21:20


Bonjour mon cher Fethi,

J'ai lu mais je crois qu'il va falloir que je revienne en deuxième semaine pour bien tout comprendre ...

Je peux ???

Bonne soirée à toi, mon cher Fethi ...

A bientôt. Bisous, bisous.

Ton amie sincère, Mitsuko


Belbe 30/07/2011 19:24


à réfléchir