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Le Serpent et le Dragon

Publié le par fethiok

 

Allende 4331

 

Le serpent et le dragon symbolisent depuis des siècles, deux rivières se rejoignant à Grenoble, l'Isère et le Drac. Le serpent, l'Isère, qui traçait de nombreux méandres dans la vallée du Grésivaudan, en amont de Grenoble. Le dragon, le Drac, qui avait des fureurs de monstre sauvage, d'où son nom, Draco (le dragon en latin).

Ces deux rivières ont été surnommées ainsi car plus de 150 inondations majeures ont été recensées dans l'histoire de Grenoble, dont quatre-vingt entre 1600 et 1860 causant de très importants dégâts et probablement des milliers de morts. Ces inondations emportèrent à plusieurs reprises le seul pont de la ville, au niveau de l'actuelle passerelle du quartier Saint Laurent. Il sera rebâti en pierre au XIIe siècle. Un deuxième pont sera réalisé au XVIIe siècle sur le site du futur pont Marius-Gontard.

Les faits ont tellement marqué les esprits, que pour célébrer l’achèvement des digues de l’Isère à Grenoble et la mort « technique » du dragon, le sculpteur Victor Sappey réalise en 1843 une fontaine sur la place de la Cymaise, près du quai Xavier Jouvin. Elle représente la ville sous les traits d'un lion tenant dans ses griffes un serpent de bronze agonisant et figurant l'Isère. Il y eut cependant encore quatre crues catastrophiques entre 1840 et 1859. Tout en haut, fut rajoutée en 1957 une inscription à l'occasion du bimillénaire de Grenoble, rappelant le premier pont jeté en ce lieu le 6 juin 43 av. J.-C

 

Histoire de l’Isère

Dans la nuit du 14 au 15 septembre 1219, Grenoble est ravagée par une catastrophe naturelle sans précédent. Elle est relatée par l'évêque Jean de Sassenage.

Plus d'un siècle auparavant, le 10 août 1091, le lit de la Romanche, un affluent du Drac, est barré par un éboulement créant un barrage naturel au niveau des gorges de l'Infernet à Livet-et-Gavet. Un lac, appelé Saint-Laurent, se forme alors sur des kilomètres en amont dans la plaine du Bourg d'Oisans jusqu’à atteindre pratiquement le village, rebaptisé « Saint-Laurent-du-Lac ».

Le 14 septembre 1219, un violent orage apporte un surplus d'eau qui cause la rupture du barrage à 22 heures et la vidange du lac. Une vague descend la Romanche puis le Drac et se jette dans l'Isère. Grenoble est plutôt épargnée par cette première crue car la ville de l'époque ne s'étend pas jusqu'au Drac.

Mais la hausse du niveau des cours d'eau provoque un reflux de l'Isère qui coule à contre-sens pendant quelques heures et forme un lac dans le Grésivaudan à la hauteur de Meylan. Lorsque la décrue du Drac survient, c'est le lac de l'Isère qui se vide à son tour. Le niveau de l'eau monte alors dans la ville et les habitants sortent dans les rues pour fuir. La nuit étant tombée, les deux seules portes de la ville sont fermées et les habitants se retrouvent pris au piège sur les quais et sont emportés par les flots. Des milliers de personnes périssent. Le bilan catastrophique est en partie expliqué par la tenue d'une foire marchande à cette période à Grenoble. Les marchands connaissant mal les heures de fermeture des portes et les marchandises encombrant les rues, le nombre des victimes s'est alourdi.
Grenoble mettra des années à s'en remettre car beaucoup d'habitants sont morts et l'unique pont a été emporté. Le dauphin Guigues VI du Viennois exemptera d'impôts tous ceux qui ont souffert de la crue.

En 1651, l'eau furieuse démolit à nouveau le pont, sa tour portant une horloge à Jacquemart achevée en 1603 faisant apparaître des figures frappant les heures, soleil, lune, planètes et une Résurrection à la grande joie des badauds. Elle laissa une telle quantité de boue qu'on ne pouvait circuler dans la cité.

En 1729, le 13 juillet, l'Isère quitte son ancien lit à Saint-Martin-d'Hères. Elle décrivait jusqu'alors un grand méandre appelé « le tour de l'eau » qui passait aux Glairons, puis au-dessous de Gières, tournait à la Galochère, et revenait peu avant Grenoble.

En 1732, elle recoupe son méandre du Versoud, raccourcissant son lit de deux kilomètres et demi. Descendant plus vite sur Grenoble, elle lui infligea les terribles inondations de 1733 et 1740.

En 1733, l'eau envahit la cathédrale, fit voguer des barques dans les rues. C'est ainsi que le poète François Blanc, dit La Goutte à cause de sa maladie, compose alors en patois son Grenoblo Malhérou et s'écrie « Grenoblo t'es perdu, le monstro t'engloutit! Mal avisa fut ceu qui si bas te plantit... » (Grenoble, tu es perdu, le monstre t'engloutit ! Malavisé fut celui qui si bas te bâtit). Une petite place dans le quartier Teisseire porte aujourd'hui le nom de Blanc-la-Goutte.
 Inondation 1733 Grenoble
La rue Berlioz inondée en 1833.

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La rue Berlioz en février 2013.
 

En 1835 les travaux de construction des quais sur l'Isère débutent.

En 1859, une dernière crue majeure envahit une grande partie de l'agglomération en amont de Grenoble.

Juin 1910 et octobre 1928 virent des crues plus faibles.
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L'Isère
 

Histoire du Drac

Doté d'une pente bien plus forte que sa voisine, et charriant plus de cailloux, le Drac n'était pas en reste et pénétrait la ville par deux bras : le Verdaret à l'est, et le Draquet à l'ouest. Ce dernier suivait l'actuelle rue Saint Jacques. Autrement dit, le Drac et ses nombreux bras pénétraient très largement à l'intérieur de l'actuelle ville de Grenoble.

En 1377, en débordant, il arrive sur l'emplacement de la place Grenette et du Jardin de Ville. À la suite de quoi, on décide de le détourner par les rochers de Brion, à Pont de Claix et de lui creuser un nouveau lit endigué, au pied de Comboire, Seyssins et Fontaine. Mais les gens de Seyssins, chez qui on renvoyait les eaux le prennent fort mal et démolissent en 1378 ce qui a été fait chez eux.

En 1471, le Drac éventre la digue et se déverse dans le Draquet ce qui l'amène sur la place Grenette. Ce n'est qu'à partir de 1493 que Grenoble, Seyssins, Fontaine et Sassenage finissent par s'entendre pour creuser un nouveau lit au torrent, au pied du rocher de Comboire. Le travail est patiemment poursuivi au cours des siècles suivants.

En 1675, le village de Fontaine s'unit à Grenoble, Sassenage et Seyssins pour débuter des travaux de creusement d'un nouveau lit rectiligne du Drac appelé canal Jourdan, entre le rocher de Comboire et le confluent encore évasif de l'époque. Ils vont s'étaler sur une dizaine d'années. La création de ce canal coupe le territoire communal de Fontaine en deux, laissant 132 hectares enclavés sur la rive droite. Parallèlement, démarrent les travaux de création d'une digue le long de ce nouveau canal, qui deviendra le cours Saint André.

Après ces travaux, le confluent des deux rivières se trouvait toujours vers la porte Créqui (actuelle place Hubert Dubedout). Ce n'est qu'en 1748 que reprennent les travaux de création du confluent en angle aigu tel qu'il existe actuellement, formant ainsi un nouveau terrain près de la ville qui prendra le nom de polygone d'artillerie (futur polygone scientifique).

Ce n'est qu'à partir de 1782, que le confluent des deux rivières est achevé, rejetant loin de la ville, à son emplacement actuel, la jonction de ces deux rivières.

En 1790, les habitants de Pariset réclament un pont qui se fit attendre jusqu'en 1826.

En 1826, malgré les protestations des habitants de Fontaine, Grenoble annexe les 132  ha.  situés sur la rive droite. Un pont suspendu en chaines de fer, à péage, est construit par une entreprise privée. Le péage ne sera aboli qu'en 1887, date à laquelle la concession est rachetée par la ville et un deuxième pont construit.

En 1843, le Drac rompt ses digues et inonde jusqu'à Échirolles. Des travaux définitifs écartent tout danger en 1878.
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 Le Drac

 

Sur l'Isère, de Gières jusqu'au confluent, 12 ponts et 2 passerelles existent. Sur le Drac, de la ville de Pont-de-Claix jusqu'au confluent, 8 ponts et 1 passerelle existent.
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Commenter cet article

jamadrou 25/02/2013 13:57

Un très bel article et des photos réussies qui magnifient avec bonheur Grenoble (j'habite à quelques pas de celle-ci...)
Je planais quelque part et le hasard m'a fait atterrir chez vous.Jmadrou.

Bébert 25/02/2013 10:16

bonjour , quelle belles sculptures et statues , merci bonne semaine A+ Amicalement

Mansfield 24/02/2013 07:47

Superbement documenté et les photos sont magnifiques!

Christian lemenuisiart 21/02/2013 21:38

Une histoire que je ne connaissais pas
A bientôt

foretmagique.over-blog.com 21/02/2013 20:39

Un beau résumé sur cette ville à découvrir...

Bonne soirée.

EmilieRD 21/02/2013 14:17

c'est une bien jolie région!

renaud 20/02/2013 22:55

Merci pour ce roman.....fleuve.
Ce soir je me coucherai moins bête que ce matin.
Grâce à toi ma journée aura été constructive et positive.
Amitié.Renaud

dacaio 20/02/2013 19:50

salut Fethi ... je dois avouer que le lieu de ta photo, je connais bien ... A une époque déjà lointaine, j'ai fait de l'aviron sur ce plan d'eau ... bisous bonne soirée

janine 20/02/2013 13:24

superbes photos avec un texte enrichissant
Je te souhaite de passer une bonne fin de journée
amitié

dacaio 19/02/2013 23:03

bonsoir fethi ..; cette montagne que l'on voit sur la photo, ce n'est pas le "NERON" par hasard ???
bisous et bonne fin de soirée