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Kahwa o Latay ( Le café et le thé)

Publié le par fethiok



"Oh homme sensé, écoute mon histoire et comprend la !"
Par une belle matinée printanière de l’an mille dans la lumineuse ville de Cordoue, se présentèrent devant le juge, deux éternels rivaux ; le café et le thé. Il faut préciser qu’en arabe, le mot café se prononce : Qahwa qui est une connotation féminine.
Alors, dans cette sublime ville qu’était Cordoue, ville de la connaissance des sciences et des arts, ville où la civilisation musulmane était à son summum, ville éclairant l’Europe de son savoir, existait un juge très connu pour son impartialité et sa probité ; c’était le juge Omar Ben Haq.

Reprenons mon histoire, je vous narre la suite.
Toutes les franges de la société étaient présentes. La salle était pleine à craquer. Habits de soie et habits de toile, senteurs de jasmins émanant des belles andalouses et odeurs de sueurs se mélangeaient dans un énorme brouhaha. Toute la ville était là, personne ne voulait rater l’audience.

Soudain, le juge entra dans la salle, majestueux dans sa robe de satin, d’un vert olive, le turban posé fièrement sur la tête il prit place et intima à l’assistance, le silence. D’un signe de tête il ordonna aux deux protagonistes d’exposer leurs griefs.

EL Qahwa (le café) et le thé arrivés devant le Qadi (juge) le saluèrent par ces propos :
- Oh Qadi respectable, nous te considérons comme arbitre équitable, car tu es Incorruptible, tu ne te laisse acheter ni ne prend aucune décision à la légère, grâce au Seigneur, tu jugeras avec succès notre différent car DIEU t’a confié une partie de ses pouvoirs.

Le Cadi, agacé par tant de verbiages leur répondit en ces termes :
- Je vous écoute, trêve de bavardage, si vous avez quelque chose à dire, parlez sans inquiétude ; celui qui a raison l’emportera, et bien entendu, le perdant acceptera le verdict.
Le thé prit le premier la parole se faisant son propre avocat.

- Aujourd’hui, il est permis de me boire, dit ‘il, je n’ai rien de commun avec le vin, je suis la boisson des hommes honorables, en moi se trouve une vertu contre toutes les maladies que je rencontre à l’intérieur du corps de celui qui me boit. Je dissipe douleur et tristesse.

Continuant sa plaidoirie, le thé dit :
- Je facilite la digestion de tous les aliments lourds, je guéris les personnes souffrantes et aux hommes de bien, qui me boivent, j’apporte détente et repos.

- Je contiens un brin de fragrance de menthe et de gingembre. Pour me préparer on utilise une théière ressemblant à une tiare, posée sur un brasero rempli de braises ardentes et on utilise un plateau ciselé reposant sur un trépied en bois précieux sur lequel sont délicatement posés des verres aux couleurs chatoyantes ajoutant ainsi, à mon miroitement. Alors comment ? toi, servante, voilà que tu veux rivaliser d’éclat envers moi, lança t’il en direction d’El qahwa.

- Pourquoi élever le ton avec moi, tu n’es qu’une pauvre servante, après tout !
Tu ne procures ni extase, ni n’exhales aucun parfum, tu n’es pas digne des tasses de solennités et d’apparat, ce qui te convient, ce sont des tasses de pierre ou des bols d’argile vendus au poids, termina t’il ainsi sa longue diatribe

- DIEU récompensera tes injures comme il se doit, répliqua el qahwa, abrège tes propos et ne te proclame pas licite car c’est ma médecine à moi, qui est renommée, je guéris le malade de ses longues maladies. Aux hommes de bien qui me boivent, continua el qahwa, j’apporte détente et repos, je dissipe migraine et douleur.

Et les soirées avec moi peuvent durer longtemps, je facilite la digestion de tous les aliments lourds. Et, sarcastique, el qahoua dit au thé :
- Lorsque les veillées se multiplieront, oh esprit subtil, aucun courtier ne t’achètera au marché car tu es bon pour les chameaux et les bœufs puisque tu es pareil à l’indigo ; tu n’es qu’une herbe colorée.
Après avoir écouté attentivement les plaidoiries d’el qahoua et du thé, el cadi leur répondit, en lissant pensivement sa petite barbe blanche, en ces termes :
- Cessez, nobles gens ! Certes, vous êtes tous deux des remèdes efficaces, mais le thé possède des vertus plus nombreuses car toi ; el qahoua, tu es bon marché et accessible par tous, le thé, quant à lui est fait pour le divertissement des gens de bonne compagnie qui se savent se délecter de ce nectar béni. En effet, continua le cadi, le thé ajoute son charme à la quiétude et à la joie des réceptions, Dieu Tout Puissant l’a créé ainsi et l’a doté d’un aspect splendide.

 

 

Commenter cet article

saliha 13/02/2012 00:52

Belle histoire Fethi.Bonne semaine !

:0014: ♥ dom ♥ 10/02/2012 08:30

Beau texte !
Bonne fin de semaine.
Bisoux

Marie 09/02/2012 22:55

Bonne soirée et bonne fin de semaine. Bisous Fethi

jeanine et rené 09/02/2012 13:16

amusante cette dispute entre le thé et le café ! nous aimons bien les deux, c'est selon l'humeur ! que nous usons de l'un ou de l'autre ! merci pour ta visite cher ami, en fait notre neige était
fondue le soir même ! bonne journée et bonne santé , amitiés

© ROSIA 09/02/2012 10:43

"La gaieté, la santé changent l'hiver en été."

Bonne journée

Bisous, bisous-------

Le-Briard 09/02/2012 10:32

OK , c'est entendu , le thé étant plus chèr que le café , étant donc la boisson des plus riches ,je suis bien embeté car je n'aime pas le café qui est moins chèr ....!
Il me reste le bon et brave pînard moins chèr que tout....! , a la tienne , Hic .....!

monique 75 09/02/2012 09:09

Bonjour Féthi jolie et intéressante histoire je viendrai voir la suite.
merci pour ton gentil commentaire.
bonne journée monique

•-~·*'Ś Ő Ń Ŷ Á'*·~-• 08/02/2012 15:04

très interessant
belle journée

qu'elle soit belle

ti bo

•-~·*'Ś Ő Ń Ŷ Á'*·~-•

Mitsuko 07/02/2012 22:36

Bonsoir mon cher Fethi,

Merci pour ton si bel article, Fethi et surtout de cette si jolie histoire qui m'a fait beaucoup de bien, j'adooooooooore ...

Bonne soirée et douce nuit à toi, Fethi.
A bientôt. Bisous, bisous.

Ton amie sincère, Mitsuko

patriarch 07/02/2012 13:00

J'attends la suite... Bel après midi