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«Boudiaf, un espoir assassiné».

Publié le par fethiok

dilem boudiaf

 

«Boudiaf, un espoir assassiné», documentaire. Ce soir sur Arte, à 20 h 40.

 

 

A la fin de ce remarquable travail de Noël Zuric et de Malek Bensmaïl, on ne sait pas qui a fait tuer Mohamed Boudiaf. Mais on comprend pourquoi il a été abattu le 29 juin 1992, devant les caméras de télévision, avec, sur les lèvres, ces derniers mots: «Pourquoi les autres nations nous ont-elles dépassés? Et l'islam"» Et on saisit, surtout, qui cet assassinat servait. Figure historique de la lutte pour l'indépendance algérienne, Mohamed Boudiaf a été rappelé par le pouvoir aux abois, après un exil de vingt-huit ans au Maroc. Car, le 26 décembre 1991, au premier tour des législatives, le FIS fait un score impressionnant, qui augure un raz-de-marée au second. L'armée force Chadli Bendjedid à se démettre, un «Haut Comité d'Etat» avance l'hypothèse Boudiaf: celui-ci revient en Algérie le 16 janvier 1992. Il ne se pose pas en «sauveur», parie sur la jeunesse: «Elle fera le nécessaire», une démocratie laïque sans rien renier de «l'islamité, de l'arabité et de la berbérité». Sans répugner, non plus, à la répression anti-islamiste: «Je ferais, sans état d'âme, 20 000, 30 000 détenus (") pour sauver l'Algérie». Pendant cent soixante-dix jours, le camp démocrate reprend espoir. Et, surtout, il s'attaque à la mafia d'Etat, au pillage organisé des richesses au plus haut niveau du pouvoir, «diffus», marqué par le «régionalisme, principal obstacle à la démocratie». «Pourvu qu'on me laisse le temps», dira-t-il, sans illusion, à sa femme à la veille de mourir. Il ne l'a pas eu. «Sa mort aurait dû être une renaissance» pour l'Algérie, dit un témoin. Elle ne l'a pas été.

 

Source:Libération

 

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