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Aventurier à Corps, Prince à Grenoble

Publié le par fethiok

Bref rappel historique sur Napoléon…

Napoléon Bonaparte né le 15 août 1769 à Ajaccio, en Corse et mort le 5 mai 1821 sur l'île Sainte-Hélène fut général, Premier consul, puis empereur des Français. Il fut un conquérant de l'Europe continentale.

Général de la Révolution française à 24 ans, il accumule les victoires spectaculaires en Italie et pendant la campagne d'Égypte, puis prend le pouvoir par le coup d'État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799).

Il dirige la France à partir de la fin de l’année 1799 ; il est d'abord Premier consul puis Empereur des Français, sous le nom de Napoléon Ier. Il réorganise et réforme durablement l'État et la société. Il porte le territoire français à son extension maximale avec près de 130 départements, transformant Rome, Hambourg ou Amsterdam en chefs-lieux de départements français.

Il est aussi président de la République italienne, puis roi d’Italie.

Il conduit les hommes de la Grande Armée, dont ses fidèles "grognards", du Nil et de l'Andalousie jusqu'à la ville de Moscou (aucune armée n'était allée aussi loin depuis les Vikings ou les Mongols). Malgré de nombreuses victoires initiales face aux diverses coalitions montées et financées par la Grande-Bretagne, Paris tombe le 31 mars 1814 et les maréchaux forcent Napoléon à abdiquer.

Il est, par la suite, déchu par le Sénat et selon le Traité de Fontainebleau, exilé à l’île d’Elbe en conservant le titre d’Empereur. Début 1815, le gouvernement royaliste refusant de lui verser la pension promise, Napoléon décide donc de retourner sur le continent pour reprendre le pouvoir.

L'origine de la ROUTE NAPOLEON

Débarqué le 1er mars 1815 à Golfe Juan, avec une petite armée de 1 200 hommes, voulant éviter la vallée du Rhône qu’il sait hostile et royaliste, Napoléon prend la direction de Grasse pour rejoindre les Alpes par la vallée de la Durance. Lorsque Napoléon emprunta cette route, elle était dans un état très inégal selon les secteurs. Entre Grasse et Digne, elle n’était pas encore construite, et l’Empereur est passé par des sentiers muletiers.

carte RN ancienne



Les étapes de NAPOLEON du 1er au 7 mars 1815

Le 1er mars  le débarquement prévu à Saint-Raphaël, se fera à Vallauris. Napoléon qui a habité le Château Salé à Antibes en 1794, connaît très bien la région. C'est en plein jour, au vu et au su de tous, que l'opération se déroule, devant les douaniers surpris. Un premier bivouac est installé sur le rivage de ce qui est désormais Golfe-Juan.
"L'invasion du pays par un seul homme" commence…

À la nuit, Napoléon rejoint Cannes par les dunes et couche à proximité de la chapelle Notre-Dame de Bon-Secours.

Cambronne, toujours en avant de quelques heures, est parti pour Grasse, le chef-lieu important de plus de 10 000 habitants.

Il contourne par le Jeu-de-Ballon et fait une pause sur le terre-plein de La Foux à Grimaud pour faire des provisions. Il n'y a pas de voie carrossable pour gravir la montagne puisque la route n'a pas été terminée. Ordonnée durant l'Empire, la route de Sisteron à Grasse a été commencée à l'autre bout et le trajet Grasse-Digne se parcourt par les sentiers muletiers qui ont pris la place de la route du sel du Moyen Âge qui elle-même a remplacé la voie romaine.

Le 2 mars, 64 km sont effectués jusqu'à Séranon où la troupe bivouaque dans la neige à plus de 1 000 mètres.

Le 3 mars, dès l'aube elle se met en marche pour atteindre Castellane où elle peut se fournir de nombreux chevaux et mulets. Napoléon est accueilli à la sous-préfecture par le sous-préfet Francoul qui destitué par Louis XVIII, attend son remplaçant...

Après le repas le groupe prend une mauvaise route enneigée par le col des Lèques et longe la rivière l’Asse pour arriver à Barrême où Cambronne a préparé un logement chez le juge Tartanson.

Le 4 mars, par le col de Corobin, la troupe descend sur Digne-les-Bains où elle retrouve la route qui court le long de la Bléone.

L’Empereur arrive à Digne par la rue Mère de Dieu et fait halte au Petit Paris, il en repart vers 15h00 pour passer la nuit au Château de Malijai. Pendant que l'armée bivouaque dans les jardins du château de Malijai, Cambronne est parti en avant sur Sisteron, afin de sécuriser le pont de la Baume, le seul existant à l’époque pour traverser la Durance.

Le 5 mars, Napoléon se met en route par L'Escale et Volonne sur la rive droite de la Durance et pénètre à Sisteron par la porte du Dauphiné. L'Empereur déjeune à l'auberge du Bras d'Or tenue par le grand-père du poète Paul Arène.

La troupe ne traîne pas car elle doit être à Gap au soir, au terme d'une étape de 69 km. Par La Saulce puis Tallard elle est aux lanternes Porte Colombe et débouche sur la place Jean-Marcellin, où un piquet de la garde nationale présente les armes pendant que le tambour bat « Aux champs ». L'accueil est enthousiaste et Napoléon fera un don pour ouvrir des refuges en montagne, les toujours célèbres « refuges Napoléon».

Le 6 mars, la troupe quitte Gap par le petit pont de Burle et monte le col Bayard pour descendre vers le Drac et Saint-Bonnet où la population acclame l'Empereur et veut se joindre à lui. En longeant la rivière elle monte par Chauffayer vers Corps où Cambronne a préparé le logement dans une bâtisse,la gendarmerie de l’époque, située Grande rue.

Avant la nuit, il se fera couper les cheveux et mangera une omelette, il restera une phrase de Napoléon lors de ce passage à Corps « Corpatus je me sens ici comme chez moi ». Une plaque commémorative, figure sur la façade de la maison : « Ici a logé du 6 au 7 mars l’Empereur Napoléon revenant de l’Ile d’Elbe ».
Les « puristes » remarqueront que l’aigle représenté sur cette plaque est en fait un aigle autrichien : sa tête est tournée du mauvais côté.

Pendant la nuit, les éclaireurs des troupes du Roi complotent à La Mure. Ils veulent empêcher Napoléon de traverser le Drac à Pont haut (au sud de La Mure) en minant le pont. Cela aurait pour effet de couper l’avant-garde commandée par Cambronne du reste de la colonne impériale. Genevois, maire de La Mure, les dissuade en invoquant le préjudice commercial portée à la ville. Il rappelle qu’un passage à gué tout proche permettra malgré tout le franchissement de la rivière. Les troupes du Roi décident alors un repli à Laffrey. Quant à Cambronne, il se retire jusqu’à Pont Haut pour sécuriser ce pont.

Le 7 mars, le jour le plus long. "Aventurier à Corps, prince à Grenoble… ". Très tôt le matin, Napoléon quitte Corps et se met en route vers La Mure, arrivant en fin matinée ils fait halte sur la colline du Calvaire pour s’y restaurer sous le regard de toute la population. Napoléon félicite le maire qui a sauvé le pont et le nomme sous-préfet. De son passage, Napoléon aurait laissé une malle en bronze exposée au Musée Matheysin.
Le général Marchand qui commande à Grenoble est fermement décidé à arrêter l’usurpateur et à l'enfermer au fort Barraux. Il a envoyé le bataillon du commandant Lessard qui a pris position à Laffrey, défilé étroit entre la colline et le lac.

A l’entrée de ce village, entre lac et montagne, les troupes du 5ème de ligne occupent une place stratégique pour arrêter Napoléon. Ce dernier délaisse sa calèche pour un cheval et s’avance jusqu’à la portée des armes ennemies.

"Feu, feu" hurla Randon. Aucun soldat n’obéit…
Dans le silence, une voix forte et calme s’éleva : "Soldats du 5e ! Reconnaissez votre Empereur.." Puis ouvrant sa redingote, il poursuivit: "s’il en est un parmi vous qui veuille tuer son général, me voilà!"

Les fusils s’abaissent, les soldats fraternisent aux cris de « Vive l’empereur! », les cocardes tricolores fleurissent de toute part. Napoléon vient de remporter une victoire décisive…
Le lieu de cette confrontation est devenu la "Prairie de la Rencontre", immortalisée par le peintre allemand Steuben et marquée par une statue équestre de l’Empereur précédée en bordure de la route par deux aigles en bronze.

La rampe de Laffrey descend sur Vizille. Napoléon passe devant le château de Lesdiguières, là où en 1788 eut lieu la réunion des États du Dauphiné. Il monte vers Eybens et sur le plateau de Brié-et-Angonnes, l'Empereur rencontre le régiment de La Bédoyère venu à sa rencontre. À Grenoble, une longue ligne droite mène à la porte de Bonne que le général Marchand tient close. Il faut des heures pour que la population parvienne à l'enfoncer et c'est à la nuit que Napoléon entre place Grenette et va prendre son logement, non à la Préfecture, mais à l’hôtel des Trois Dauphins, rue Montorge, là où il était descendu, jeune lieutenant artilleur en garnison à Valence, en 1791.

Deux jours passés dans la ville de Grenoble ont permis à l’Empereur de recevoir les autorités, d’édicter les premiers décrets et d’envoyer, par Turin, un courrier à Marie-Louise, lui donnant rendez-vous à Paris.


L’histoire tourmentée de la statue

A la demande de Napoléon III, le sculpteur Frémiet exécute une statue de Napoléon sur son cheval pour orner la Place d’Armes (l’actuelle Place Verdun) à Grenoble. La défaite du Second Empire en 1870 entraîne la chute de la statue, destinée à la fonte. L’œuvre est mutilée, dépecée puis entreposée au dépôt des marbres jusqu’au moment où Paris et Grenoble se la disputent. La Capitale la réclame pour l’entrée des Invalides. Grenoble finit pourtant par récupérer son bien et décide de l’ériger à Laffrey, au centre de la Prairie de la Rencontre… Ce n’est qu’après un long et délicat travail de restauration exécuté par un maître fondeur que la statue, pesant près de 4 tonnes, put être érigée au bord du grand lac de Laffrey, Elle fut inaugurée officiellement le 31 Août 1930.
Les escaliers en pierre, la plateforme conduisant à la statue et la grille en fer de lance ont été installés plus tard, en 1963. Les deux aigles en bronze sur les piliers de l’entrée de la prairie ont été réalisé par Gilbert.
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Jackline :0059: 08/03/2012 11:29

Même s'il a fait de grandes choses, le personnage ne m'est guère sympathique...je ne lui pardonne pas notamment d'avoir rétabli l'esclavage et vendu la Louisiane aux américains, pour une poignée de
cerises, de même d'avoir laissé tomber le Quebec, lors des guerres anglo-Francaises là-bas pour la conservation de l'indépendance de la province..ce qui n'est toujours pas le cas..Bref, un petit
général qui m'en rappelle un autre qui n'a pas les galons ! bises

Le Briard 08/03/2012 09:49

Napoléon , hum ......! combien de morts .....?

Joelaindien 08/03/2012 08:58

intéressant !

je te met +1 google !

@+

fethiok 08/03/2012 09:44



Merci c'est flatteur



tiot 07/03/2012 18:05

salut
c'était quand même un grand homme
il a fallut toute l'Europe pour l'arrêter
bonne soirée

Yvette 07/03/2012 17:53

Quand j'allais à l'école, je n'aimais pas l'histoire, j'ai appris à l'aimer avec Napoléon, et ses coalitions. Je suis mitigée quant à son sujet. Admirative car il a fait de grandes choses, mais
déçu parce qu'il voulait tout "bouffer". Quand on pense que ce n'est que maintenant qu'on sait qu'il n'est pas mort de mort naturelle, sacrés anglais!!

toutoune 07/03/2012 17:15

Bonjour, n'ayant pas pu passer hier soir, je me rattrape aujourd'hui,

bises

cacao 07/03/2012 15:15

Bonjour Fethi ! Merci pour ces intéressantes infos historiques. Bonne après-midi. Amicalement.

Les étellois 07/03/2012 13:26

Quel article!

J'ai surtout retenu de lui ses guerres de conquête si meurtrières et finalement si inutiles...
Je sais qu'il n'y a pas que cela, mais tout de même...

Sylvie 07/03/2012 09:42

merci pour ce moment d'histoire joliment illustré
bonne journée :)

fontaine 07/03/2012 08:57

Belle page d'histoire...merci pour le travail !
Bon mercredi