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Grenoble

Publié le par fethiok

 Les premières traces de civilisation remontent au Vième av. J.C., au niveau du palais de justice.

Il
était une fois... Une tribu celtique répondant au nom des "Allobroges"... Cette tribu s'installa le long de l'Isère aux environs du VIieme avant JC. Cularo était née.
     Les romains menés pas Lucius Munatius Plancu, conquirent la bourgade en 43 avant JC. (Selon la légende ils construisirent un pont sur l’Isère en un seul jour). Ceux-ci édifièrent à la fin du IIIième de puissantes murailles autour de Cularo.
     Cularo n'était alors qu'une petite bourgade dépendant de Vienna (Vienne). En 380, l’Empereur romain Gratien de passage dans la région entreprit l’amélioration des remparts et éleva Cularo au rang de cité.
      En hommage la cité pris le nom de Gratianopolis, "la ville de Gratien" en Grec ('polis' : ville)... Qui donna par la suite Grenoble.

Grenoble se situe au carrefour de 3 vallées. La cité est donc un lieu stratégique d'importance. Ainsi, elle a toujours était une ville "de garnison" (jusque dans les années 30) et a souvent été attaquée. Et lorsque la cité n'était pas ravagée par la guerre, les innombrables crues des 2 rivières ruinaient les constructions.

     En 524 les Burgondes d'origine germanique sont en Dauphiné. Les Francs les délogent en 582.

      En 574 Les Lombards assiègent Grenoble. Ils pillent le voisinage de la cité. N'arrivant pas à la faire tomber, ils fuient mais sont rattrapés puis exterminés par les soldats de la ville. 

      Au VIIIième et IXième, les Sarrasins conquièrent le sud-est de la France. Mais ils ne laisseront aucune trace de leur passage.

Vers 1030, un Archevêque de Vienne léguat une partie de ses terres à un seigneur local : Guigues de la maison d'Albon. celui-ci agrandit son domaine, qui, vers 1130, allait devenir le Dauphiné . Une question se pose toutefois : pourquoi un dauphin comme emblème et comme nom... Cette question demeure sans réponse.

Le Xième est une période de troubles politiques pour la cité et le Dauphiné. Les ecclésiastiques qui avaient permis l'indépendance et la création du Dauphiné sont bientôt jaloux de la puissance du seigneur. Dauphins et hommes d'église s'affrontent pour la cité à travers le siècle. Peu à peu le clergé perd de son pouvoir pour laisser place à un pouvoir seigneurial.

      Au XIVième les juifs sont chassés du royaume de France, le Dauphiné les accueille. Leur prospérité et leur habileté dérangent, et déclenchent la jalousie. En 1348, le Peste ravage la cité, les juifs sont accusés et menés au bûcher...

           Des 1242, une charte garantie aux grenoblois une certaine liberté, ainsi le droit de gérer une partie de la cité (défense, perception...). Les habitants élisent leurs administrateurs qui officient sous la 'surveillance' du Dauphin et de l'évêque. Les Grenoblois ne cesseront de voir leur autonomie augmenter. Ainsi, en 1340, le Dauphin Humbert II crée le conseil delphinal. Vers 1346, ce même Dauphin dote Grenoble d'une université. Il va faire beaucoup pour la ville : donations aux pauvres, réfections d'édifices... Son départ en croisade finira de ruiner le Dauphiné. A son retour de Jérusalem, terriblement appauvri, veuf, sans descendance, Humbert II vend le Dauphiné au Roi de France Philippe VI en 1349. Dés lors, le Dauphin sera le fils aîné du roi de France. Ceci marque la fin du Dauphiné indépendant...

      En 1446, le Dauphin et futur roi Louis XI, s'installe à Grenoble. En 1453, il place le Parlement du Dauphiné à Grenoble. La cité devient l'une des 3 villes parlementaires de France. Il développe la ville à un niveau tel que son père le Roi de France Charles VII, jaloux, envoie ses soldats 'reconquérir' le territoire. Le jeune Dauphin fuit. Mais lorsqu'il devient Roi, il annule le traité stipulant que le Dauphiné est gouverné par le fils aîné du Roi. Grenoble appartient définitivement au Roi de France...

En 1590, après 4 tentatives infructueuses le Duc de Lesdiguières (protestant), s'empare de la cité affamée, appauvrie et malade. Il allait devenir le bâtisseur de Grenoble, l'homme qui a relevé la cité. Il rétablit la justice, les finances, fait construire fortifications, bâtiments, ponts, routes...

      Vers 1606 et grâce à l'appui de Lesdiguières, la ganterie de Grenoble, jusque là discrète, prend son véritable essor. A la révolution, 1/3 des habitants de la ville travaillent de près ou de loin pour la ganterie.

   Le 7 mars 1815, Napoléon est aux portes de Grenoble, il y trouve une ville dévouée. Il s'arme et repart 2 jours plus tard en direction de Lyon, puis Paris. Il dira lui même : "En arrivant à Grenoble j'étais un aventurier, en repartant je suis un conquérant". 

      ...Et puis, en Juin, Napoléon est battu à Waterloo. Les autrichiens arrivent aux portes de la cité, quasiment sans défense. Les citoyens prendront les armes pour tenir tête à l'ennemi. Et finalement se rendront, après une lutte inégale. L'envahisseur restera 5 mois dans la cité.

 Les Alliers débarquent en Afrique de Nord. Pour protéger son territoire l'Axe envahie la seconde moitié de la France en Novembre 1942. Des lors les mouvements de résistance implantés dans le Vercors voient leur rang gonfler massivement. De disparates, mal organisés et parfois rivaux, les mouvements vont devenir unis sous la houlette de Chavant, Chavellet, Scholkow, Martin, Valois... La résistance grenobloise s'organise, et devient l'une des plus actives de France. Et les représailles allemandes seront parmi les plus rudes...

      Citons le haut fait de résistance d'Aimet Requet, qui à lui seul fit sauter l'important dépôt de munitions allemand du polygone. En représailles, les allemands enverront des soldats dans les rues de Grenoble avec ordre de tirer à vue...

      A la mi-novembre 1943, à la suite d'une très vaste opération de renseignement (délation, torture, ...), les têtes de la Résistance Grenobloise sont capturées et tuées. La résistance sera terriblement amoindrie, mais pas détruite.

      Comment parler de Grenoble sans parler du Vercors ? En Juin 44, l'ordre est donné à tous les mouvements de résistance de prendre les armes afin de désorganiser l'ennemie et ainsi de favoriser le débarquement. Le Vercors, (implantation principale de la résistance dans la région), décuple ses actions de résistance, et se lance dans l'ultime bataille pensant recevoir le renfort d'homme et de munitions promis par Londres et Alger. Pour éradiquer la révolte, les allemands envoient leurs corps d'élites "10 fois supérieur en nombre et 100 fois mieux armés"... Mais les renforts promis ne sont jamais arrivés, les résistants se sont battus jusqu'à la mort retenant autant que possible l'ennemi. (Une polémique naîtra plus tard, les gens du Vercors accusant De Gaulle et les Alliers de les avoir trahi et abandonné à une mort certaine). Le Vercors restera sans doute l'un des plus hauts faits de la Résistance Française, avec ses martyrs et ses héros. Les Forces allemandes ont rarement été plus cruelles que durant cette offensive.

      Pourtant, ces résistants ne sont pas mort en vain, les troupes ennemies mobilisées dans le Vercors auraient sans doute pût ralentir l'avancée allier libératrice. Ainsi, le 15 Août 1944, les Alliers débarquent en Provence. Les actions des résistants furent telles que 6 jours plus tard Grenoble était libérée. (En 3 mois les Alliers avaient parcourus environs 100 Km en Normandie). Lorsque les Américains pénètrent dans Grenoble le 22 au matin, la cité est aux mains des Maquisards, qui avaient chassés les derniers Allemands dans la nuit du 21 au 22.

      Grenoble reçût la croix de compagnon de la libération. Durant l'occupation (novembre 42 à août 44), on dénombre plus de 700 fusillés, entre 2000 et 3000 déportés, dont plus de 1500 morts en déportation et plus de 500 maquisards morts au combat.



 
  • Symbole du Dauphiné : Le dauphin.
  • Symbole de la Ville de Grenoble :3 roses, symboles du pouvoir triangulaire(évêque, seigneur, consul)

Commenter cet article

trublion 01/10/2009 19:14


et bien merci , voilà une documentation complète et fort intéressante.
toutefois , je finis par me dire qu'il vaut mieux pour une ville rester discrète , pour éviter la convoitise


01/10/2009 10:05


Bonjour et merci de nous informer et de nous enrichir par toutes ces articles.
Passe une délicieuse journée ,bises amicales Mimi.


Renard 01/10/2009 00:09


Merci pour ce superbe article sur cette belle ville Fethi.
Que ton jeudi soit doux


biker06 30/09/2009 15:29


Le sud est !! sauf Nice ! hi hi hi
@ + Pat


ZAZA 30/09/2009 14:43


Très bel article Fethi.
Bonne journée
Bizzzzzzzzzz
ZAZA


michel 30/09/2009 14:00


Je savais que Paris était "compagnon de la Libération", pas Grenoble, alors j'ai fait une recherche chez Monsieur Google et j'ai trouvé cela:
L'Ordonnance n° 7 créant l'Ordre de la Libération précise que celui-ci est « destiné à récompenser les personnes ou les collectivités militaires et civiles qui se seront signalées dans l'ouvre de
la libération de la France et de son Empire ». Ainsi, le général de Gaulle, au titre des collectivités civiles, attribuera la Croix de la Libération à cinq communes françaises :

* NANTES par décret du 11 novembre 1941
* GRENOBLE par décret du 4 mai 1944
* PARIS par décret du 24 mars 1945
* VASSIEUX-EN-VERCORS par décret du 4 août 1945
* ILE DE SEIN par décret du 1er janvier 1946

La première ville ayant reçu la Croix de la Libération fut Nantes, dès le 11 novembre 1941, puis Grenoble en mai 1944. S'ajouteront, par la suite, en mars 1945, Paris, dont la citation porte :
"Capitale fidèle à elle-même et à la France", le village de Vassieux-en-Vercors, en août 1945 dont 72 de ses habitants furent massacrés et la totalité de ses maisons brûlées, par un ennemi sans
pitié. Et enfin l'Ile de Sein dont, en juin 1940, la quasi-totalité des hommes en âge de combattre choisit de partir rejoindre les Forces Françaises Libres en Angleterre.


fethiok 01/10/2009 08:56


Merci Michel d'avoir enrichi mon article en le complétant avec la liste des villes "compagnons de la Libération"